Petite fille vous vouliez devenir...

Scénariste et réalisatrice. Avec mon cousin Frédéric et son frère, on écrivait des pièces de théâtre, qui étaient montées à Noël. L'entrée était payante ( rires) !
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Scénariste et réalisatrice. Avec mon cousin Frédéric et son frère, on écrivait des pièces de théâtre, qui étaient montées à Noël. L'entrée était payante ( rires) ! Avantage et inconvénient. Parfois ça m'ouvre des portes, mais certains le détestent. Escrime. J'écris une musique à partir d'une voix intérieure. Seule à ma table, je tente de résoudre les conflits avec moi-même ou les questions que je me pose sur la société. Célibat et rupture. Digne de mon héroïne, Léa, j'aimerais que les choses durent toute la vie, or ça semble impossible à notre époque. Je n'ai peur de rien. Ma mère étant serbe, nous étions à Belgrade quand la guerre s'est déclenchée. J'ai vu des morts dans la rue, alors après ça... Je fume trop et je suis " no limits ". Je crois à la communion de deux âmes, à la fidélité des esprits, non des corps. Mieux vaut avoir mal que de ne rien vivre ! J'ai horreur des gens qui se gardent d'aimer. Les ruptures sont violentes, mais on se pose les vraies questions sur soi, le couple et le monde. Totalement désenchanté, tragique, affreux. Faute d'idéaux et de valeurs, la société est en perdition. On est tous largués dans ce vide existentiel. Colette pour ses écrits et sa vie, d'autant que mes grands-parents l'ont connue. Coco Chanel, Sagan ou Catherine II de Russie. J'aime ces femmes libres, indépendantes et féministes avant l'heure. Cette Barbie lisse pourrait être une £uvre d'art contemporaine. À travers elle, on contemple notre propre vide. Paris incarne la société consumériste, qui prend et jette les vêtements ou les mecs. À force d'être touristique, elle chasse ses habitants. Mais il reste des lieux vivants comme Saint-Germain, l'Alcazar, le Baron, le VIP et Rosa Bonheur, aux Buttes de Chaumont. J'ai vécu jadis dans une communauté hippie, où j'ai connu le manager de Bob Dylan. Aujourd'hui, j'aspire à une révolution des esprits. Si on continue, on va droit dans le mur ! Il faut croire aux utopies, sinon c'est la fin de tout. Larguée en périphérie de la zone politique et autres petits désordres organiques, par Géraldine Beigbeder, Albin Michel, 233 pages.KERENN ELKAÏM"Je fume trop et je suis " no limits "."