C'est au bout d'une longue allée envahie par la végétation que l'on découvre Le Vieux Château, restaurant où évolue Tanguy De Turck. Au premier coup d'oeil, on pourrait croire la maison hantée. Ce n'est pas totalement faux, il y a bien un esprit qui s'est installé ici : celui de la gastronomie. Attention, pas n'importe laquelle, pas celle que l'on c...

C'est au bout d'une longue allée envahie par la végétation que l'on découvre Le Vieux Château, restaurant où évolue Tanguy De Turck. Au premier coup d'oeil, on pourrait croire la maison hantée. Ce n'est pas totalement faux, il y a bien un esprit qui s'est installé ici : celui de la gastronomie. Attention, pas n'importe laquelle, pas celle que l'on croise à tous les coins de rue. Non, ce trentenaire autodidacte est de ceux qui explorent. Il n'a de cesse de proposer de nouvelles explosions gustatives à la faveur de menus uniques qui ravissent tous ceux qui en font l'expérience. C'est qu'il y a une générosité inouïe chez ce chef néerlandophone qui s'agite parmi les oeuvres d'art, les chaises feutrées de gris et de superbes tables en bois. On peut la mesurer quand il vient lui-même déposer à table l'une de ses créations : l'homme a l'oeil qui frise. En vrac, on retient : son maquereau souligné par une vinaigrette à la badiane, l'excellent pain au quinoa préparé maison, le crabe que réveille un dripping de poivron et des pâtes à l'encre de seiche, l'agneau joliment rosé qui embarque vers l'Orient. Et puis un dessert flamboyant, une inoubliable promenade dans la fraîcheur des sous-bois qui s'avance sous la forme d'une composition mêlant fruits rouges, sorbet basilic, citron vert, estragon et chocolat. Vous avez dit " chocolat " ? De Turck n'a pas ses papilles en poche, lui qui se fournit auprès de Cédric De Taeye, l'un des artisans " bean to bar " les plus intéressants du moment. Cette collaboration ne surprend guère, car le chef ne se la joue pas " perso ", il a à coeur de mettre la richesse de son Pays des Collines à l'honneur.