Il y a quatre-vingts ans, au matin du 17 juin 1939, se déroulait la dernière exécution capitale publique de France : Eugène Weidmann, gentleman-assassineur allemand, était guillotiné à Versailles. Suite à un couac dans le timing, le couperet fut libéré non pas à l'aube mais alors que le soleil était déjà bien haut dans le ciel, devant une foule plus conséquente que d'ordinaire. S'ensuivirent des débordements, capturés en photo et même en film, qui poussèrent les autorités à abolir le macabre spectacle et à user des " bois de justice " dans le secret des prisons. L'ultime exécution, quant à elle, n'eut lieu que le 10 septembre 1977, soit la veille de l'avant-première française de Star Wars - de la guillotine au pistolaser, on vous laisse apprécier le grand écart symbolique entre ces événements si proches dans le temps.

Autre détail amusant, il existe un lien entre ces décollations hexagonales et les blockbusters intergalactiques : Christopher Lee, légendaire acteur britannique à l'affiche des épisodes 2 et 3 de la saga, avait assisté, alors ado, au supplice de Weidmann quelques décennies plus tôt. Et à voir sa carrière, jalonnée de films d'horreur sanguinolents ( photo : Dracula, 1958), culminant par l'enregistrement d'un album de heavy metal à la gloire de massacres médiévaux à 90 ans, on mesure soudain tout le bien-fondé d'exclure les décapitations, même légales, de la liste des divertissements accessibles aux enfants.