Elle a tout pour elle, cette petite bande de terre perdue en Méditerranée, située juste là, 38 °59' N, 1 ° 26' E, avec ses 572 km2, son point culminant appelé Sa Talaiassa, à 475 m au-dessus du niveau de la mer, et quelle mer. La plus grande des îles Pitiüses, que les Catalans appelle...

Elle a tout pour elle, cette petite bande de terre perdue en Méditerranée, située juste là, 38 °59' N, 1 ° 26' E, avec ses 572 km2, son point culminant appelé Sa Talaiassa, à 475 m au-dessus du niveau de la mer, et quelle mer. La plus grande des îles Pitiüses, que les Catalans appellent Eivissa et le reste du monde Ibiza, contient tout simplement le paradis dans son nom, dans ses effluves et les images qu'elle traîne à ses basques. Car, dès le début des années 30, elle jouera les refuges splendides pour les artistes forcément beautiful people, de Walter Benjamin à Man Ray, suivis par Errol Flynn, Elizabeth Taylor et Laurence Olivier, lesquels ouvrirent la voie aux hippies des années 60. Depuis, la transhumance ne s'est plus jamais tarie, les Pink Floyd, Freddie Mercury, Joni Mitchell et David Bowie y trouvèrent le climat à leur goût et le reste aussi, il y a de quoi. Nul besoin de grand discours pour ouvrir la porte aux rêves et aux fantasmes, quelques photos bien troussées suffisent. Ibiza Bohemia, paru chez Assouline, se feuillette comme un album de vacances, on entendrait presque le clapotis des vagues, le souffle du vent dans les interstices des portes vermoulues et le chant des beatniks béats qui n'en sont jamais repartis, comment leur donner tort ? Ibiza Bohemia, par Maya Boyd et Renu Kashyap, éditions Assouline. www.assouline.com et Assouline Bruxelles, 65, rue Lebeau, à 1000 Bruxelles. A.-F.M.