Qui ?

Inscrite sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial de l'Unesco, la demeure de la famille Plantin-Moretus est aujourd'hui un musée qui fait la fierté d'Anvers. A raison, on y trouve les plus vieilles presses d'imprimerie du monde - la première publication date de 1555. Celles-ci racontent une révolution technologique majeure mise au service de la diffusion de l'écritur...

Inscrite sur la prestigieuse liste du patrimoine mondial de l'Unesco, la demeure de la famille Plantin-Moretus est aujourd'hui un musée qui fait la fierté d'Anvers. A raison, on y trouve les plus vieilles presses d'imprimerie du monde - la première publication date de 1555. Celles-ci racontent une révolution technologique majeure mise au service de la diffusion de l'écriture et des images. Disposant d'une riche collection d'oeuvres d'art - notamment des toiles de Pierre-Paul Rubens -, l'endroit fait place à des multiples expositions temporaires qui valent le détour. Sans oublier la salle de lecture du Cabinet des Estampes, dont le magnifique décor a été signé par le bureau bruxellois noAarchitecten (noA). La nouvelle exposition du lieu se penche sur le " grotesque " à travers un parcours qui réunit des artistes tels que Paul Vredeman de Vries, Bosch, Breughel, James Ensor ou encore Fred Bervoets. Avec beaucoup d'à-propos, l'accrochage nous rappelle que ce genre est né dans l'Antiquité. Il découle de peintures murales du palais de l'empereur Néron faisant valoir des représentations de chimères et de créatures mythiques. Lorsqu'elles furent exhumées, ces décorations ont pris le nom de " grotesques ". Logique : elles ont été mises au jour dans une espèce de grotte. Plus tard, aux xvie et xviie siècles, avec la redécouverte des antiquités grecques et romaines, ce foisonnement visuel va inspirer la création. Peinture, architecture, orfèvrerie, verre, imprimerie... Tout y passe. A l'occasion de ce jouissif accrochage, le musée a demandé à l'excellent Carll Cneut, l'illustrateur belge, d'imaginer des bizarreries graphiques contemporaines. Preuve que le grotesque a encore de beaux jours devant lui.