Quand on a découvert Marley - en 1974 avec No Woman No Cry -, la sensation tenait beaucoup à l'intensité spirituelle de sa musique, celle qui définit aussi la grandeur gospel. La même fragrance parfume ce...

Quand on a découvert Marley - en 1974 avec No Woman No Cry -, la sensation tenait beaucoup à l'intensité spirituelle de sa musique, celle qui définit aussi la grandeur gospel. La même fragrance parfume cet album compilant légendes jamaïcaines et jeunes pousses du reggae qui y croisent l'imparable rythmique et la tentation du sacré. Inna de Yard ramène les racines de Kingston, celles de la cour (yard) portées par la voix supérieure des vétérans Ken Boothe, Cedric Myton (The Congos - photo), Winston McAnuff, Lloyd Parks ou du plus récent mystique Deralah. L'enveloppe organique des chansons diffuse le groove inné des mélodies, avec la grâce ensoleillée comme seconde nature, par exemple dans le Sign of The Times de Steve Newland, qui n'a rien à envier à celui de Prince. Dans un tout autre registre. Et puis, voilà un disque qui donne l'envie instantanée de laisser tomber le labeur et de filer vers les tropiques. De préférence celui des Caraïbes. CD The Soul of Jamaïca, par Inna de Yard, distribué par Pias. PH.C.