Décrocher le Prix de l'Académie française c'est...

Le bonheur, je plane toujours ! C'est un joli message des Académiciens qui encouragent la jeune génération et lui donnent le droit de rêver. Je suis né à Genève, d'un père prof de français et d'une mère libraire. Ces " parents du livre " ont suscité ma curiosité littéraire.
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Le bonheur, je plane toujours ! C'est un joli message des Académiciens qui encouragent la jeune génération et lui donnent le droit de rêver. Je suis né à Genève, d'un père prof de français et d'une mère libraire. Ces " parents du livre " ont suscité ma curiosité littéraire. Pompier, vétérinaire, pilote, Commandant Cousteau, musicien ou écrivain. À 9 ans, j'ai fondé un journal animalier. Puis, j'ai écrit une nouvelle et des ébauches de romans. Grâce à ces " pierres ", j'ai pu atteindre les berges de l'écriture. Il faut travailler très dur pour mettre de l'ordre dans ses idées. La sensibilité de l'écrivain est son capteur. Un livre doit ouvrir les yeux et divertir. Non, j'aurais bien aimé avoir quelqu'un qui me guide dans la vie. L'écriture a donné un sens à la mienne, mais on peut aussi en être prisonnier, comme Harry Quebert, l'un de mes personnages. Ils vivent certaines choses plus fortement, comme s'ils évoluaient dans une maison de verre et non pas de pierre. Aussi doivent-ils se protéger. Celui de ne pas être publié à plusieurs reprises. Ma force ? Me remettre perpétuellement en question. L'échec nous apprend à mieux nous connaître. Le seul " sale type " qui m'a découragé est Joël Dicker ! (rires) Il faut lutter contre soi pour continuer. Celui qu'on se raconte à soi-même. Et le pire des crimes ? La haine car elle engendre le Mal. Dans ce roman, tous les personnages ont raison car chacun a sa vérité. Certaines doivent être révélées, même si elles font mal, d'autres n'ont pas besoin d'être connues. Marcus, mon personnage principal, cherche la vérité, pour innocenter son ami Harry, mais il est rattrapé par la complexité des choses. Parce que ça leur donne une couleur, un corps. Les démons aident à mieux saisir les gens. On a tous des côtés sombres et tristes. C'est ce qui nous rend humains, aussi faut-il les accepter. Croire, rêver et espérer. J'aimerais qu'on arrête de nous dire que le monde est mort. Il faut avancer. La vie n'est-elle pas une arnaque extraordinaire ? La Vérité sur l'Affaire Harry Quebert, par Joël Dicker, de Fallois/L'Age d'Homme, 670 pages. KERENN ELKAÏMON A TOUS DES CÔTÉS SOMBRES ET TRISTES.