Au masculin

S'il est souvent question de robes fastueuses, costumes, smokings et esprit androgyne s'immiscent aussi avec brio dans les collections.
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S'il est souvent question de robes fastueuses, costumes, smokings et esprit androgyne s'immiscent aussi avec brio dans les collections.Pas de couleurs tape-à-l'oeil ou de mise en scène spectaculaire, chez Dior. Mais des teintes douces et poudrées, qui se posent avec délicatesse sur des ensembles épurés, imaginés par des artisans dans de la soie, du crêpe, du tulle ou de l'organza. La beauté de la fragilité." La haute couture, c'est Paris ", résume Karl Lagerfeld, illustre directeur artistique de Chanel, dans une collection qui rend hommage à la Ville lumière. On y retrouve le gris des toits, l'anthracite du bitume ou l'écru des nuages, le tout encanaillé par quelques touches rock.Spectaculaire lorsqu'il est fait de laser cut et de print 3D, ce mouvement ondulant peut aussi prendre vie dans une superposition gracile. Une affaire d'élégance. Quand les artisans dévoilent l'ampleur de leur savoir-faire, à travers broderies et dentelles. D'une maîtrise à couper le souffle.Deuxième défilé haute couture pour Clare Waight Keller chez Givenchy, avec une collection qui rend hommage au fondateur de la maison, décédé en mars dernier. Un jeu de volumes maîtrisés, des reflets argentés et des bijoux façon armure qui confèrent aux silhouettes un caractère mystérieux aux accents futuristes. Le point de départ de cette collection élaborée par Pierpaolo Piccioli pour Valentino ? Une sensation, des couleurs, l'envie de légèreté et une série de clichés immortalisant dans le désordre Maria Callas, Pasolini et Médée, les jardins de Versailles et des anges du xixe. Pour un résultat explosif et ultradésirable. Marier un plissé à un doré qui étincelle : la combinaison gagnante pour Azzaro, selon son directeur artistique Maxime Simoëns. Le jeune créateur français prouve qu'il maîtrise parfaitement les codes de la maison de couture, que sont le glamour et la brillance.Des plumes qui viennent se perdre ici sur une épaule, là sur une jupe ou une veste, semblant donner vie aux parures, prêtes à prendre leur envol.Quand le tulle adopte des allures différentes, selon l'humeur du créateur. Décliné dans un fragile rose poudré rebrodé de sequins, il se superpose à l'infini chez Georges Hobeika, tandis que chez Jean Paul Gaultier, il prend de l'assurance, sous la forme d'un paravent noir et graphique.