maîtresse femme

Si la bourgeoise discrète et tout en retenue inspire certains créateurs (lire par ailleurs), d'autres se choisissent pour muse une dominatrice idéalisée, affirmant sa sexualité à travers ses vêtements. Vinyle noir, ras-de-cou, total look cuir, multitude de sangles, taille corsetée et talons aiguilles : les codes du bondage se retrouvent dans nombre de collections. A la clé, des silhouettes fortes, assumées, évidemment séduisantes. Tandis qu'Alexander McQueen y ajoute une dimension punk, Simone Rocha adoucit l'ensemble de sequins et de franges en cascade. Et là où Balmain et Sally LaPointe jouent la carte du fétichisme, Versace mise sur le molto sexy.
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Si la bourgeoise discrète et tout en retenue inspire certains créateurs (lire par ailleurs), d'autres se choisissent pour muse une dominatrice idéalisée, affirmant sa sexualité à travers ses vêtements. Vinyle noir, ras-de-cou, total look cuir, multitude de sangles, taille corsetée et talons aiguilles : les codes du bondage se retrouvent dans nombre de collections. A la clé, des silhouettes fortes, assumées, évidemment séduisantes. Tandis qu'Alexander McQueen y ajoute une dimension punk, Simone Rocha adoucit l'ensemble de sequins et de franges en cascade. Et là où Balmain et Sally LaPointe jouent la carte du fétichisme, Versace mise sur le molto sexy. Les bienfaits des massages sur l'éclat de la peau ne sont plus à démontrer. De là à offrir aux mannequins un soin visage complet - nettoyage, exfoliation et pause masque -, ce pas n'avait jusqu'ici jamais été franchi lors des défilés. Pourtant, c'est ce à quoi on a pu assister en coulisses lors du défilé de Stella McCartney, durant lequel les experts beauté de la marque de soins naturels Tata Harper ont pris en charge les jeunes filles avant même de commencer le maquillage. C'est dire si l'attention prêtée au " glow " reste le focus beauté du moment. Pour faire illusion, Chanel sort d'ailleurs à la rentrée un tout nouveau gel pailleté qui nourrit et illumine en un seul geste. Afin de pallier le manque de clarté des journées d'hiver, on osera l'outfit lumineux. Omniprésents sur tous les podiums des différentes Fashion Weeks, les sequins illuminaient les décors enneigés du dernier défilé de Karl Lagerfeld pour Chanel, se portaient façon Palace chez Halpern ou recouvraient entièrement une sublime robe du soir griffée Tom Ford. Autant d'idées éclatantes pour un vestiaire anti-déprime saisonnière. En contrepoint d'un teint dit naturel mais de plus en plus travaillé, il n'est pas interdit d'apporter une petite touche de fantaisie. Et les cils, cette saison, font l'objet de toutes les attentions. Chez Christian Dior, Peter Philips n'hésite pas à les faire sortir du cadre en dessinant, tout le long de la paupière inférieure, des petits traits rectilignes et espacés, semblables à des " paquets " de mascara. Chez Giambattista Valli, Val Garland pour M.A.C va même jusqu'à souligner le regard de faux-cils découpés dans du métal argenté débordant sur la joue. Chez Junya Watanabe, des filles, comme sorties de mangas, se parent également de faux-cils à rallonges, telles des pattes d'araignée. Romantique, confortable et élégante, la cape signe un come-back triomphal cet automne. D'inspiration médiévale chez Celine, Heidi Slimane l'accompagne d'un jeans slim et d'une paire de cuissardes. Muccia Prada, elle, en propose une déclinaison gothique, habillant une chemise et une jupe en dentelle. Du côté de JW Anderson, elle se fait architecturale et endosse, avec panache, le rôle de pièce phare de la collection. Partout, elle se porte longue. Pour le final de son show Saint Laurent le plus abouti, le Belge Anthony Vaccarello - à la direction artistique de la griffe française depuis 2016 - passait tous ses mannequins sous la lumière noire. Littéralement. Lors de cette parade fluorescente, solaires, mini-robes et escarpins semblaient se mouvoir seuls, se reflétant à l'infini dans un splendide jeu de miroirs. Faisant écho à la tendance, des silhouettes néons ponctuaient aussi les présentations Jacquemus, Balenciaga et Christian Cowan. Un délire en technicolor plus que jouissif. Gimmick make-up des trentenaires, la bouche rouge parfaitement dessinée reste le statement maquillage des catwalks, confirmé d'ailleurs par la pléthore de bâtons, encres, crayons et autres formules liquides hautement pigmentées qui continuent d'envahir les comptoirs des parfumeries. Qu'importe la nuance, pourvu qu'elle soit franche, on préférera plutôt des lèvres nude que teintées en demi-mesure. La matité reste fortement désirable même si on assiste au retour de rendus poudrés, voire carrément laqués. La pose sera précise, la sophistication de mise. A l'heure où la cause animale est sur toutes les lèvres, la vraie fourrure déserte - à juste titre - les collections des grandes marques. En réponse évidente, les pelleteries artificielles fleurissent sur les catwalks. Party girl se rendant au Studio 54 pour Michael Kors, escort' de luxe du côté de Moschino et fashionista de bonne famille chez la pionnière Stella McCartney : il y en aura pour tous les goûts. Sans faute de goût. Parce que trop de nude tue le nude, on a aussi vu le regard prendre le pouvoir, en poussant le curseur au maximum chez Halpern notamment, où le lamé or-argent-cuivré s'empare de la paupière dans les grandes largeurs. Chez Dries Van Noten, la glitter mania se vit en pointillé, paillette par paillette posées sur du gel fixant. Plus claquant encore, l'aplat monochrome inspiration fifties, chez Moschino, se décline en version plus maîtrisée chez Valentino. Cette saison, c'est tout ou rien, le pigment, s'il est présent, s'assume en surpuissance. Les robes s'élargissent, multiplient les fioritures et enrobent les corps, telles des carapaces. Façon doudounes, celles que propose Pierpaolo Piccioli pour Moncler Genius - une collab qui ouvre la porte à d'autres - sont délibérément théâtrales. Le New-Yorkais Marc Jacobs, lui, pare ses modèles d'une prodigieuse profusion de tissus. Et pour Rodarte, les soeurs Kate et Laura Mulleavy imaginent l'archétype ultime et extravagant de la célèbre " meringue " du bal de promo à l'américaine. Du côté de Vivienne Westwood, enfin, c'est une explosion de tulle blanc, tout simplement. En résultent des armures presque couture qui protègent le corps tout en l'imposant dans l'espace public. Très beau statement féministe ! Quand les jours se feront plus frais, le temps sera venu d'opter pour les carreaux, de la tête aux pieds. C'est Maria Grazia Chiuri, directrice artistique des collections féminines de Dior, qui l'affirme. Ainsi, lors du défilé de la maison parisienne, chapeaux, chemises, vestes structurées, longs manteaux, jupes, pantalons, sacs et souliers se paraient massivement de damiers rouge - parfois vert - et noir. Et la créatrice italienne n'est pas la seule à parier sur le motif. En témoignent le tartan rose ou turquoise chez Marine Serre et la superposition de quadrillages du côté de Burberry.