Quel enfant était Lulu ?

Un gentil petit garçon à sa maman. Il l'adorait et courait chez elle au moindre pépin. Cet enfant timide n'avait pas de copains de classe. Doté d'une grande mémoire, ce bon élève s'ennuyait à l'école.
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Un gentil petit garçon à sa maman. Il l'adorait et courait chez elle au moindre pépin. Cet enfant timide n'avait pas de copains de classe. Doté d'une grande mémoire, ce bon élève s'ennuyait à l'école. Il a complètement baigné dedans. Déjà dans le ventre de sa mère, il entendait son père jouer du Gershwin. Sa belle voix et ses mains magnifiques. Or en le voyant déambuler dans la rue, je le trouvais laid et accablé. à l'extérieur, la vie lui semblait lourde alors que dans l'atelier, il était le roi. Un figuratif qui voyait son avenir dans la peinture. Devant la toile, il était d'un sérieux acéré. Cet état de transe était impitoyable car il ne se pardonnait rien. Je la voyais comme un atout, mais lui l'a vécue comme un handicap. Aussi avait-il besoin de se prouver qu'aucune femme ne lui résistait. Son regard vous clouait sur place et vous faisait fondre. Tout comme on épingle un papillon, il ne quittait pas une femme des yeux jusqu'à ce qu'elle soit sa proie. Il croyait en l'amour absolu, romantique, l'amour toujours. Quand il a compris qu'il ne durerait jamais, cet être jaloux et inquiet a inventé" l'anamour ". Il aimait les femmes et tenait à leur faire plaisir. Toutes l'ont fait souffrir, mais il adorait se vautrer dans sa douleur. Dans la mesure où l'âme existe, nous nous sommes offerts nus l'un à l'autre. On se connaissait à fond. Au début, on était jeunes, amoureux et libres. Je suis devenue une grosse dondon, mais on a poursuivi notre gémellité incestueuse. Lulu a été mon addiction. Même après avoir rompu, j'accourais dès qu'il m'appelait. Aucun homme ne lui arrivait à la cheville ! J'ai d'ailleurs raté mon second mariageàDe ne pas avoir obéi à sa vocation de peintre. Ces remords l'ont conduit en enfer. Malheureux, il est devenu un ivrogne. Ses chansons lui ont permis de gagner de l'argent, mais il ne se voyait pas poète. Les Amours perdues, chantée par Juliette Gréco. Je suis venu te dire que je m'en vais. Il avait l'art d'avoir un pied dedans, un pied dehors. Les femmes lui ont toujours dit adieuà Qu'il n'était pas un homme affreux. Gainsbarre n'était qu'une farce consolatrice, une provocation. Mon livre montre d'où venait son désespoir. Lulu ressemblait au tableau du Titien, L'Homme au gant, tant il portait un masque de mystère. Mais il a fini par se laisser anéantir par la vie. Lise et Lulu , par Lise Lévitzky, First, 282 pages. kerenn elkaïm Lulu a été mon addiction.