En temps normal, il a l'habitude de photographier l'urbanisme et l'architecture. Néanmoins, depuis des mois déjà, Bruno Dias Ventura immortalise les salles de théâtre, les cinémas, les clubs, les bars et restaurants vidés de leur public, durant les différents confinements mis en place par le gouvernement dans le but d'endiguer la pandémie. A la ...

En temps normal, il a l'habitude de photographier l'urbanisme et l'architecture. Néanmoins, depuis des mois déjà, Bruno Dias Ventura immortalise les salles de théâtre, les cinémas, les clubs, les bars et restaurants vidés de leur public, durant les différents confinements mis en place par le gouvernement dans le but d'endiguer la pandémie. A la genèse de son projet, en mars dernier, il fuit l'isolement de son appartement et saisit l'opportunité de capturer, en pleine journée, les endroits emblématiques de la capitale belge complètement désertés. Mais alors que la ville, réveillée, se déconfine doucement, le photographe décide d'immortaliser également les espaces culturels "que l'on ne voit plus, que l'on ne montre plus et, de fait, que l'on oublie", malheureusement. En résulte Social Distancing, une série photographique forte, d'une impressionnante sobriété et donc exempte de tout artifice superficiel. Un regard volontairement neutre, presque froid, à l'image d'une gestion de crise que l'artiste qualifie de "purement logistique, régalienne, voire militaire". Sur les clichés, des adresses majoritairement bruxelloises et bien connues des Belges -- à l'instar du Cirque Royal, du Palais 12, du Cabaret Mademoiselle ou du Café des Minimes -- apparaissent sous un jour nouveau ; leurs dimensions semblent distordues, plus grandes, sans les habituels visiteurs qui hantent les lieux. Si les images sont effectivement dépourvues de présences humaines, elles ne sont pas démunies de vie pour autant, ainsi que l'indique un escabeau ou du matériel technique, fraîchement usité, traînant dans un coin. Et pourtant, ici, c'est bien l'absence qui en dit le plus. Comme souvent, d'ailleurs.