Nos animaux de compagnie sont les victimes collatérales de la pandémie. Les personnes hospitalisées laissent parfois derrière elles un compagnon, celles trop affaiblies par la maladie ne peuvent plus s'en occuper dignement. Consciente du problème qui touche de nombreuses familles, Fabienne Allard crée en mars un groupe d'entraide sur Facebook, destiné à s'occuper provis...

Nos animaux de compagnie sont les victimes collatérales de la pandémie. Les personnes hospitalisées laissent parfois derrière elles un compagnon, celles trop affaiblies par la maladie ne peuvent plus s'en occuper dignement. Consciente du problème qui touche de nombreuses familles, Fabienne Allard crée en mars un groupe d'entraide sur Facebook, destiné à s'occuper provisoirement des chiens et chats délaissés. Trois jours plus tard, Carine Deschamps, ravie de l'initiative, la rejoint et va contribuer à son développement. "Quand j'y ai adhéré, au début du confinement, il y avait 200 membres, maintenant on est plus de 2 000", constate-t-elle avec enthousiasme. C'est que le projet répond à un réel besoin dont les instigatrices ne mesurent pas encore l'étendue. Elles sont rapidement acculées par les demandes, parfois sans lien avec la Covid-19. Impossible pour les administratrices de refuser le moindre appel à l'aide. "On a épaulé des personnes sans domiciles fixes, des seniors hospitalisés, des jeunes entrés en service psychiatrique à cause de la crise, toutes sortes de profils", explique-t-elle. La tâche est colossale et les placements en foyer d'accueil temporaire se comptent par centaines. Un rôle que ne peuvent pas assumer les refuges, regrette cette amoureuse des bêtes. "Il faudrait que les propriétaires des animaux les abandonnent ou qu'ils les placent en pension, mais pour des personnes qui paient déjà des frais d'hôpitaux, ça coûte beaucoup d'argent." Elle prend alors régulièrement sur ses week-ends pour gérer l'aspect logistique et contacte Victoria Austraet, députée indépendante et avocate, afin de donner un cadre légal à son action. Plus de 600 bénévoles répondent présent, essentiellement des jeunes. Un engouement qui étonne Carine et lui donne envie de fonder une ASBL, pour qu'aucun animal ne soit plus livré à lui-même.