Il avait d'abord pensé que le seul attrait du Pantanal, Brésil, se condensait dans ses alligators, ses jaguars et ses tuiuiús et qu'il n'était pas nécessaire de les photographier encore. Mais quand João Farkas le découvrit grandeur nature, il fut illuminé par...

Il avait d'abord pensé que le seul attrait du Pantanal, Brésil, se condensait dans ses alligators, ses jaguars et ses tuiuiús et qu'il n'était pas nécessaire de les photographier encore. Mais quand João Farkas le découvrit grandeur nature, il fut illuminé par sa " beauté tonitruante ". Il lui fallait désormais transmettre cette merveille insensée qu'il avait expérimentée. Et à travers ses images, témoigner de la menace à bas bruit qui pèse sur le plus grand marais de la planète, ici aussi les effets de l'anthropocène sont perceptibles. Son travail documente donc ces " immensités horizontales ", leurs reflets et leur fluidité où l'eau le dispute à la terre, la somme ressemble à un psaume. Il l'a titré Land et le lie d'une esperluette à une autre série, Soul. Car le photographe paulista a pris l'habitude de le montrer aux côtés de portraits à la lumière naturelle, même pose, même cadrage, même fond chromatique, alignant les masqués du carnaval de la ville de Maragojipe, ce qu'ils cachent et ce qui se dévoile. João Farkas croit qu'" aucun peuple au monde ne possède l'intimité et la liberté chromatique du Brésilien " - et s'il n'avait pas tort ?