Graphiste de formation mais photographe par passion, Simon Vansteenwinckel vous souhaite la bienvenue à Platteland, une contrée mystique et fantasque dans laquelle il déambule depuis de longues années. On pourrait, nous aussi, y aller par quatre chemins, mais on préfère ne pas tourner en rond : ce pays, c'est la Belgique. A la lecture de l'ouvrage, certains n'y croiront pas, en tombant nez à nez avec de rutilantes voitures américaines vintage, des créatures...

Graphiste de formation mais photographe par passion, Simon Vansteenwinckel vous souhaite la bienvenue à Platteland, une contrée mystique et fantasque dans laquelle il déambule depuis de longues années. On pourrait, nous aussi, y aller par quatre chemins, mais on préfère ne pas tourner en rond : ce pays, c'est la Belgique. A la lecture de l'ouvrage, certains n'y croiront pas, en tombant nez à nez avec de rutilantes voitures américaines vintage, des créatures grimées, tatouées ou déguisées pour des fêtes qui n'existent que dans les films, des demoiselles qui n'ont froid ni aux yeux ni ailleurs, ou des marcheurs vêtus de toges semblant tout droit échappés de la sordide armée du Ku-Klux-Klan. " C'est une certaine vision de notre pays, explique le photographe. Un recueil sans thématique, avec des images piochées dans mes séries personnelles. A la base, c'est Hugues Henry, le créateur de Home Frit' Home, à Bruxelles, qui m'a proposé de faire une exposition et un livre pour l'accompagner. J'avais de la matière, car je me suis beaucoup trimballé depuis que je fais de la photo. " Entre la Tchesse aux Macrales d'Ermeton-sur-Biert, le Carnaval sauvage des Marolles, la Procession des pénitents de Lessines ou même quelques soirées sado-maso, le kaléidoscope est aussi saisissant que fascinant. On est loin du voyage initiatique réalisé quelques années plus tôt par Simon, qui l'avait mené vers les Andes du Chili pour rencontrer la famille de son épouse et inspiré le magnifique livre Nosotros. Mais le grain est le même : un noir et blanc shooté à l'argentique, qui donne de la vibration et de l'intensité à des images difficiles à dater. Un style qui souligne " une distance avec la réalité ", même quand l'artiste déambule dans une forêt, sur une plage ou dans un décor urbain. Et, oui, c'est bien la Belgique, car il y a des détails qui ne trompent pas : des canettes de Jupiler, un panneau " Huis te koop " ou deux enfants chaudement vêtus dans les dunes. Si le ciel est souvent sombre, chaque rencontre est lumineuse.