A l'approche de juin, les vitrines et pubs printanières ont à peine le temps de ranger leurs banderoles "Fêtons maman" qu'elles se parent d'atours nettement moins fleuris: le calendrier commercial n'attend pas, c'est maintenant au tour des papas. Et si le cadeau "classique" a encore de beaux jours devant lui, force est de constater qu'une autre typologie de présents gagn...

A l'approche de juin, les vitrines et pubs printanières ont à peine le temps de ranger leurs banderoles "Fêtons maman" qu'elles se parent d'atours nettement moins fleuris: le calendrier commercial n'attend pas, c'est maintenant au tour des papas. Et si le cadeau "classique" a encore de beaux jours devant lui, force est de constater qu'une autre typologie de présents gagne du terrain. Lamborghini en Lego, gadgets high-tech, tee-shirts supposément humoristiques, équipements sportifs ou geekeries diverses, on voudrait faire croire que les paternels d'aujourd'hui sont de grands enfants qu'on ne s'y prendrait pas autrement. Alors que lui ne cesse de prendre de l'âge dans les statistiques officielles, l'image du père est constamment rajeunie. Tout cela nous a fait penser à cette étude, menée l'an dernier par le département marketing de l'université de Chicago et sortie durant les fêtes, disant que les ados tiraient plus de satisfaction à se voir offrir des expériences à vivre, plutôt que des cadeaux matériels. La clé du processus résiderait dans "la création de souvenirs" et "l'exploration de nouveaux intérêts", et à y réfléchir un instant, il n'y a aucune raison que le principe ne puisse s'appliquer à n'importe quelle personne de plus de 12 ans. Alors, quitte à flatter les darons en leur rappelant que leur folle jeunesse n'est pas si lointaine que ça, autant le faire avec autre chose qu'une désopilante casquette "Super Papa" ; l'idée étant moins de l'assimiler à un ado attardé qu'à un homme certes mûr, mais encore capable d'apprécier le frisson de la découverte, et pas juste condamné à s'encroûter sous le poids des ans, fût-ce dans une superbe paire de charentaises à peine déballées. Et si c'est impossible cette année, pour des questions de temps, d'inspiration ou de budget, rien ne vous empêche de réfléchir dès à présent au printemps 2022.