Il n'est pas dit que cette paire de botillons à sabots équins soit faite pour autre chose que l'immobilité. Elles sont l'oeuvre d'Iris Schieferstein, artiste allemande qui s'empare d'animaux morts comme matière brute à retravailler pour donner un nouveau visage à la grande faucheuse. Ce faisant, ne marchant pas sur des oeufs, elle questionne aussi l'essence de ce que nous mettons à nos pieds. Interrogation parfaite pour illustrer l'exposition qui prend place au Musée des Arts Décoratifs à Paris, Marche et démarche - Une histoire de la chaussure. Car le sujet, si vaste et fabuleux, explore le rapport entre le corps et la mode, et apporte quelques réponses à cette question révélatrice - " Comment femmes, hommes, enfants marchent-ils à travers le temps les cultures, les groupes sociaux ? " A analyser les 500 oeuvres, grolles, brodequins, bottes, escarpins, mocassins, photos, objets d'arts, films et pub ainsi montrés, on comprend combien à travers le temps et l'espace, les femmes portèrent des souliers pour ne pas pouvoir aller, dans le sens d'avancer - les chinoises ne furent pas les seules à être entravées. Il est dit qu'on ne regardera plus ses paires comme avant.

Marche et démarche - Une histoire de la chaussure, Musée des Arts Décoratifs, à 75001 Paris. www.madparis.fr Du 7 novembre au 23 février prochains.