L'écrivain est-il " un sociologue curieux de l'âme humaine " ?

Oui, puisqu'il est attentif aux gens. L'alchimiste les transforme en histoire. Contrairement au philosophe, l'écrivain n'a pas à fabriquer de sens. Je suis un conteur. Ce roman n'aborde pas la masculinité contemporaine, il crée un univers qui fait la peau aux clichés.
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Oui, puisqu'il est attentif aux gens. L'alchimiste les transforme en histoire. Contrairement au philosophe, l'écrivain n'a pas à fabriquer de sens. Je suis un conteur. Ce roman n'aborde pas la masculinité contemporaine, il crée un univers qui fait la peau aux clichés. Quelqu'un qui serait capable de vivre ce que vivent les femmes actuellement, s'assumer complètement en cumulant carrière et enfants. Ce type de courage et de générosité est admirable. ... Narratus ! Le titre du roman est plein de sens. Il fait référence au premier homme qui se tient debout et acquiert la parole. Grâce à elle, mes héros affrontent la réconciliation avec eux-mêmes et avec les femmes. Ils ont tous une part de lâcheté, de vilenie, d'ombre et de générosité. Les hommes sont des êtres avec une douleur et un c£ur. Je suis un anxieux qui réussit à transformer ses angoisses en fiction. Très jeune, je me suis senti plus à l'aise dans ce monde, m'éveillant à une incroyable palette d'émotions. Dès que j'ai su lire, j'ai écrit, sans être un grand lecteur. Le roman noir m'a donné envie " de faire ça dans ma vie ". L'important étant de fabriquer des histoires. Ce serait un rêve, un fantasme romanesque ( rires). Quand je croise une femme, il y a quelque chose qui reste illisible. Elle gardera son mystère, alors que peu d'hommes en proposent. Mitsouko de Guerlain. Quel que soit le coin du globe où je me trouve, je pense à une femme en le sentant, tant sa force olfactive réveille son souvenir. Je l'ai longtemps fait, mais cette ville exige trop d'énergie. Aujourd'hui, je songe à m'installer à Bruxelles car cette métropole cultive le temps et l'amabilité. Mon père était un ouvrier immigré, alors que moi, je vis de ma passion. C'est une chance, même si je la travaille. Je peux vivre n'importe où, parce que je n'ai ni attaches ni horaires. La trahison de soi. Ai-je trahi l'ado que j'étais ? Est-ce trop tard pour devenir celui que je voulais être ? Je m'imagine à 100 ans, mourant le stylo à la main. Entre-temps, je célèbre le vivant en le racontant. Homo Erectus, par Tonino Benacquista, Gallimard, 270 pages.KERENN ELKAÏMBruxelles cultive le temps et l'amabilité.