Comme Coco Chanel, elle est née sous le signe du Lion, en France. Et comme elle, les chiffres ont leur importance dans sa destinée, pourquoi donc se priverait-elle de ces symboles puissants qui lui servent de bouclier protecteur ? Naturellement, elle s'est choisi le 8, cet infini posé droit debout lui va à ravir - le mois d'août la vit venir au monde et l'année 88 devenir créatrice. Car, comme Mademoiselle, Johanne Riss pense des vêtements destinés à libérer le corps des femmes. Avec une constance digne de la plus belle assurance, depuis presque trente ans, elle manie une matière Stretch qui vaut toutes les signatures. Dans ce jersey traité avec soin, à mille lieues du polyamide lambda, fabriqué par les Italiens - " ce sont les meilleurs " -, elle...

Comme Coco Chanel, elle est née sous le signe du Lion, en France. Et comme elle, les chiffres ont leur importance dans sa destinée, pourquoi donc se priverait-elle de ces symboles puissants qui lui servent de bouclier protecteur ? Naturellement, elle s'est choisi le 8, cet infini posé droit debout lui va à ravir - le mois d'août la vit venir au monde et l'année 88 devenir créatrice. Car, comme Mademoiselle, Johanne Riss pense des vêtements destinés à libérer le corps des femmes. Avec une constance digne de la plus belle assurance, depuis presque trente ans, elle manie une matière Stretch qui vaut toutes les signatures. Dans ce jersey traité avec soin, à mille lieues du polyamide lambda, fabriqué par les Italiens - " ce sont les meilleurs " -, elle taille, coupe et coud des robes de sirènes, des dos nus très échancrés, des Jour et des Soir seconde peau. Et comme elle n'est pas portée sur le surplus de fanfreluches, elle s'en tient à un certain minimalisme, acceptant cependant d'y ajouter parfois des broderies faites main, un peu de dentelle, " pas trop ", du tulle, de la mousseline de soie ton sur ton, ou des découpes laser dont elle est fière. Un seul credo, comme un cri du coeur : " Une femme doit se sentir à l'aise. Moi, si c'est trop carcan, je ne supporte pas et si ce n'est pas confortable, je n'en veux pas dans ma collection. J'aime aussi la sensualité, mais pas vulgaire. " Avec une fraîcheur subversive, l'actrice Salomé Richard l'a faite sienne, cette profession de foi. Ce 4 février, dans toute la splendeur de son anticonformisme, elle portait son Magritte du Meilleur Espoir Féminin pour son rôle dans Baden Baden de Rachel Lang et une silhouette " rock'n roll " de Johanne Riss contrastant le rouge et la résille noire sur seins nus, c'était voulu, voire politique. Ça l'est toujours quand on dit quelque chose avec son corps, expliquera en substance la jeune fille - " Les propos féministes ne tiennent pas sur une pancarte. " Dans le même genre, cinématographique, mais moins rebelle, elle fut précédée par Isabelle Huppert en total look Johanne Riss dans Souvenir de Bavo Defurne - une robe baptisée La verte et une autre La Palme, comme autant de petits cailloux dorés qui pavent le chemin de cette autodidacte entrée dans la mode à l'adolescence, par la petite porte. Elle avait à peine 16 ans, elle travaillait depuis deux ans déjà, il le fallait, Johanne était allée se présenter dans une boutique comme apprentie-vendeuse - " Au bout de six mois, je suis passée étalagiste, j'adorais. " Des années plus tard, en 1988, quand il s'agira de se remettre impérieusement à travailler pour cause de divorce, elle se souviendra qu'elle avait envie de lancer sa propre collection, " depuis toujours ". Il lui suffira de trouver l'ami fidèle qui l'épaule financièrement, une inspiration basée sur la combinaison en jersey Lycra de Jean Paul Gaultier, un tissu qui lui parle et sa première ligne ressemblera déjà à du Johanne Riss. Elle ouvrira ainsi sa boutique-atelier, à Bruxelles. Depuis, elle a retrouvé les bancs de l'école pour une formation en joaillerie aux Arts et Métiers. Le résultat s'appelle First for Two et comprend, entre autres, une bague qu'elle ne quitte pas, qui lui enserre le majeur et l'annulaire de la main droite. Elle est en or et diamants - " Je préfère le luxe, il n'y a rien à faire ", constate-t-elle amusée. Elle rajouterait " tralalilalère " qu'on ne serait pas désarçonnée - n'a-t-elle pas chanté " Like a fish, je m'en fiche " sur un disque daté de 2010 où elle s'acoquinait joyeusement avec Sébastien Roch, le Cricri d'Amour d'Hélène et les garçons ? Elle l'avait titré L'Intemporel, on reconnaît là sa cohérence stylistique. www.johanneriss.com PAR ANNE-FRANÇOISE MOYSON" SI C'EST TROP CARCAN, JE NE SUPPORTE PAS. "