En 1990, un groupe des West Midlands, au centre-ouest de l'Angleterre, reprend à son compte l'idée de soul britannique, y ajoutant des sonorités garage et, ce qui devient instantanément sa marque de fabrique, l...

En 1990, un groupe des West Midlands, au centre-ouest de l'Angleterre, reprend à son compte l'idée de soul britannique, y ajoutant des sonorités garage et, ce qui devient instantanément sa marque de fabrique, les nappes baveuses de l'orgue Hammond. Près de trois décennies plus tard, le treizième album signé par The Charlatans n'a guère varié cette juteuse recette lysergique, où les vocaux de Tim Burgess planent toujours comme aux glorieux jours de Madchester. Rien de démodé cependant dans ces chansons à l'hypnotique douceur, cousines d'une musique gagnée par l'onirisme. Mais pas seulement : comme pour conjurer la mort de deux de ses membres - dont le batteur Jon Brookes en 2013 -, un casting d'amis s'invite à enrichir et diversifier les morceaux. Johnny Marr, Paul Weller, Stephen Morris mais aussi Ian Rankin et Kurt Wagner - ces deux-là idéalement récitatifs - parfument ce qui constitue le plus beau disque du band depuis le début de millénaire. En tout cas, son plus mélancolique. CD Different Days, par The Charlatans, chez Pias. PH.C.