De Denis Dailleux (Angers, 1958), on se rappelle les portraits d'enfants réalisés dans les années 90. Son talent s'y affichait manifeste. Le Français guidait son objectif vers l'intime, sans jamais verser dans le mièvre. L'exercice était d'autant plus significatif que les images étaient prises en banlieue, territoire propice à tous les raccourcis visuels,...

De Denis Dailleux (Angers, 1958), on se rappelle les portraits d'enfants réalisés dans les années 90. Son talent s'y affichait manifeste. Le Français guidait son objectif vers l'intime, sans jamais verser dans le mièvre. L'exercice était d'autant plus significatif que les images étaient prises en banlieue, territoire propice à tous les raccourcis visuels, à toutes les envies de spectacle. C'est donc avec une joie non dissimulée que l'on accueille la venue d'un pan de son oeuvre à Bruxelles. L'homme vit désormais en partie en Egypte, au Caire. Y trouve-t-il matière à représentation ? Christian Caujolle, l'un des fondateurs de l'Agence Vu' à laquelle Dailleux appartient, rassure d'emblée : " Avec la délicatesse qui le caractérise, il pratique une photographie apparemment calme, incroyablement exigeante, traversée par des doutes permanents et mue par l'indispensable relation personnelle qu'il va entretenir avec ce - et ceux - qu'il va installer dans le carré de son appareil. " Une telle approche, aux contours bienveillants, résonne comme un visa pour l'image de qualité, même loin des conventions occidentales. Décor où le temps s'est arrêté d'un hôtel d'Alexandrie, garçon drapé dans le bleu tenant une simple pomme de terre en main ou scène limonadière de la vie d'un quartier du Caire... Le photographe signe des atmosphères magnétiques tout autant qu'il fait éclater la beauté des " damnés de la terre " du quartier de Gamaleya. Mais il n'est pas question que d'Egypte, Dailleux laisse également éclater sa fascination pour le Ghana, pays qui oppose " la belle et libre nudité des corps " à la pudeur de la nation traversée par le Nil.