De Fiona Tan (1966, Pekanbaru, Indonésie), on se rappelle Disorient, la très marquante proposition imaginée à l'occasion du millésime 2009 de la Biennale de Venise. Cette artiste néerlandaise, ayant grandi en Australie, s'était emparée du pavillon batave pour livrer une éclatante installation vidéo inspirée par la figure de Marco Polo. S'inspirant de l'un des ouvrages du héros vénitien, Tan avait signé une oeuvre puissante qui abordait de façon critique la mondialisation et ses origines. Si le coeur de sa pratique porte sur le rapport que nous entretenons aux images, elle l'élargit désormais en questionnant ce qui pousse l'homme à conserver son passé. Soit un axe déjà amorcé en 2016 avec Ascent, une pièce composée d'une installation et d'un long-métrage méditatif réalisé à partir du montage de plus de 4 000 photographies du mont Fuji datant des 150 dernières années. C'est une démarche rigoureuse qui a propulsé cette plasticienne sur le devant de la scène internationale depuis la fin des années 90. On ne s'étonne donc pas de retrouver son nom au casting de la documenta 11, mais également à celui de la triennale de Yokohama et de la Biennale de São Paulo. Reconnu pour son acuité, son travail est représenté dans de nombreuses collections publiques et privées : Tate Modern de Londres, New Museum de New York, Centre Pompidou de Paris... On ne peut dès lors que se réjouir du fait que le MAC's lui ouvre ses portes à la faveur d'une exposition monographique levant le voile sur de nouveaux dessins, photogravures, textes et installations. Sans oublier un film inédit réalisé à partir d'images de synthèse et une imposante pièce inspirée par l'univers des charbonnages.

Fiona Tan, Inventory, installation view, HD and video installation, 2012. - Courtesy de l'artiste et Frith Street Gallery, London

L'Archive des ombres, Fiona Tan, MAC's - Musée des Arts Contemporains au Grand-Hornu, Site du Grand-Hornu, 82, rue Sainte-Louise, à 7301 Hornu. www.mac-s.be Jusqu'au 1er septembre prochain.

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