La Sint-Pietersnieuwstraat épouse une pente raide qui met à rude épreuve les mollets des cyclistes, mais une magnifique récompense les attend au sommet : la superbe façade Art nouveau du centre culturel Vooruit. En face, trône la boutique de design Piet Moodshop. Sa devanture néoclassique vaut le coup d'oeil, tout comme le lettrage de l'ancienne épicerie " Huis Lambrecht ", que l'on distingue encore au-dessus des fenêtres. A l'entrée, le timbre joyeux de la sonnette accueille les clients depuis toujours. Christophe Verbeke, le propriétaire, a conservé le carrelage antique au sol et les rayons en bois foncé qui font le charme de l'endroit. Sur les étagères sont exposés des articles de papeterie, des objets de décoration, des lampes et des gadgets. Mais aussi des stylos dorés et des calendriers parés de dessins de bâtiments de la ville. Le lieu fait un carton, si bien qu'un deuxième établissement a vu le jour il y a quelques mois. " Pour certaines pièces, je n'arrivais plus à satisfaire la demande ", se justifie le gérant.
...

La Sint-Pietersnieuwstraat épouse une pente raide qui met à rude épreuve les mollets des cyclistes, mais une magnifique récompense les attend au sommet : la superbe façade Art nouveau du centre culturel Vooruit. En face, trône la boutique de design Piet Moodshop. Sa devanture néoclassique vaut le coup d'oeil, tout comme le lettrage de l'ancienne épicerie " Huis Lambrecht ", que l'on distingue encore au-dessus des fenêtres. A l'entrée, le timbre joyeux de la sonnette accueille les clients depuis toujours. Christophe Verbeke, le propriétaire, a conservé le carrelage antique au sol et les rayons en bois foncé qui font le charme de l'endroit. Sur les étagères sont exposés des articles de papeterie, des objets de décoration, des lampes et des gadgets. Mais aussi des stylos dorés et des calendriers parés de dessins de bâtiments de la ville. Le lieu fait un carton, si bien qu'un deuxième établissement a vu le jour il y a quelques mois. " Pour certaines pièces, je n'arrivais plus à satisfaire la demande ", se justifie le gérant. C'est que ça bouge à Gand, côté design. Acteur de ce mouvement, Christophe Verbeke s'est lancé il y a cinq ans, déçu de ne pas trouver son bonheur dans les magasins existants. Il a surfé sur la tendance en décoration intérieure qui veut que l'accent n'est plus mis sur les meubles, mais sur de petits détails d'aménagement. Il y a peu, Anvers ou Bruxelles avaient une offre de design bien plus importante et innovante tandis que Gand était à la traîne. Il en était de même en gastronomie. Depuis, ce retard a été rattrapé, avec de nouvelles enseignes culinaires - Publiek, Oak, Roots, Aroy Aroy... - et désormais, aussi, des adresses qui font la part belle aux objets. " Nous n'avons pourtant jamais manqué de créativité ", poursuit Christophe Verbeke. Il suffisait sans doute d'oser faire le premier pas. Aujourd'hui, les boutiques spécialisées sont tellement nombreuses dans la ville qu'il faut bien deux jours pour les découvrir toutes : L'Amuzette, Huiszwaluw Home, Ile en Ville, Helen B, Four Rooms, Ydee, Koperhuis, Mus in een plas... A 100 mètres des vitrines du quartier chaud, se trouve le concept store Billierose, où l'on peut déguster une bière du cru, lové dans des coussins branchés. Noor Callebaut et son frère Wolf y vendent de la mode et du design, comme les vasques de la photographe et conceptrice locale Luca Beel. " Dans le passé, il n'était pas facile d'attirer les habitants dans une rue qui leur était inconnue. Ce n'est plus le cas maintenant ", raconte la jeune femme. Les gens sont parfois attachés à leurs habitudes. Ils s'en tiennent à leurs lieux de rencontre, aux parcours qu'ils connaissent bien. Mais aujourd'hui, ils partent plus volontiers à l'aventure ; les entrepreneurs prennent donc confiance et ouvrent des commerces hors des sentiers battus, là où les loyers sont plus abordables. Christophe Urbain, qui gère la boutique de vêtements Rewind, a, lui, ouvert Atelier Ecru, un magasin de décoration d'intérieur flanqué d'un appartement Airbnb branché, dans la Burgstraat en pleine expansion. " La ville a été longtemps paralysée par de nombreux chantiers, explique-t-il. Personne ne savait à quoi s'attendre, le climat n'était donc pas propice aux décisions audacieuses. Mais tout ça, c'est du passé et Gand est désormais en train de se développer. " L'engouement pour le hygge, cet art de vivre venu du Danemark, explique lui aussi en partie le boom qu'a connu le design dans la cité. Dans son magasin, le Belge présente un style d'aménagement à la fois brut et sombre, plutôt inédit chez nous mais pourtant promu par les magazines depuis un certain temps déjà. Autre exemple de ce type d'ambiance, l'entrée arrière du fameux bâtiment des postes, sur le Korenmarkt, pourrait à son tour inspirer les décorateurs. Par un escalier en colimaçon, on accède à l'une des tours où l'hôtel ultrachic 1898 The Post a été inauguré l'an dernier. La Gantoise Geraldine Dohogne l'a habillé à la londonienne, avec des meubles antiques et des murs vert foncé. Les prix sont à l'avenant : comptez 15 euros ou plus pour un cocktail. Ça tombe bien, car en sortant, on se retrouve sur la Graslei, point de ralliement, en juillet prochain, de la Journée annuelle des... portefeuilles vides.