C’était difficile à imaginer, Dries Van Noten sans Dries Van Noten. Mais Julian Klausner, en parfait connaisseur de la maison, s’est inscrit dans ses pas. Le jeune directeur artistique vient de prouver en deux collections et deux défilés qu’il était l’homme de la situation. Avec talent et humilité. Rencontre au sommet, à l’étage du Q.G. anversois.
C’est le tout début du mois d’août, à Anvers, le petit port qui borde le Godefriduskaai a des airs de vacances avec ses bateaux amarrés et ses terrasses indolentes sous un ciel mi-soleil mi-nuages. Au numéro 36, dans un ancien entrepôt, la maison Dries Van Noten n’a pas encore pris ses quartiers d’été, l’équipe a le nez dans le guidon, à préparer la collection Femme printemps-été 26 et le défilé de la Fashion Week en septembre prochain. Il y règne une atmosphère studieuse et panachée de mystère, on ne verra rien de ce qui se trame dans l’atelier, secret défense, que la surprise soit totale le jour J, à Paris.
Il n’empêche, Julian Klausner, en maître des lieux nouvellement investi, ouvre grand les portes de son bureau, on reconnaît l’endroit, c’est ici même que Dries Van Noten y avait installé le sien, il le lui a laissé en héritage, il a juste ôté ses affaires personnelles, mis à part ce vase XXL et cet éléphant en bronze qui en impose. Julian l’a toujours trouvé «beau» et puis «c’est symbolique, Dries disait avec humour: There is an elephant in the room…» Le passage de flambeau s’est fait en douceur.
Pour le reste, Julian Klausner a posé là une grande plante verte, cadeau d’anniversaire de la maison, et sur la bibliothèque basse, un tableau kinétique qui porte la signature de son grand-père Léo Klausner – sa façon à lui de s’enraciner ici. «Je suis tombé un jour sur l’Instagram d’une galerie à Toronto qui vendait cette œuvre Op art, je l’ai achetée! Mon grand-père m’impressionnait, il est décédé quand j’avais une vingtaine d’années, il m’a donc connu faire de la mode… Il était ingénieur, il n’était pas artiste à temps plein mais il avait un certain talent pour les formes et les couleurs. Après le défilé, mon père m’a confié qu’il avait beaucoup pensé à mon grand-père, qu’il aurait été sensible à mes choix de couleurs. Ce tableau, c’est une manière d’avoir dans ce bureau un truc personnel, qui n’appartient qu’à moi, c’est très intime… Il a parfaitement trouvé sa place ici.»

Le feu sacré
Entre ces quatre murs, le jeune homme, 34 ans au compteur, évoque son parcours avec une élégance certaine, faite de retenue et de passion. Il s’excuse, il croit être bavard alors qu’il est tout simplement généreux, de son temps, de sa personne, de son immense sourire. Formé à La Cambre Mode(s) à Bruxelles, Julian Klausner s’inscrit dans la lignée des créateurs belges qui ont façonné une histoire de cette mode singulière née sous le vent du Nord. Entré chez Dries Van Noten en 2018, il a mis à profit ces années de découvertes pour tout connaître, ou presque d’une maison qui l’a désormais choisi comme directeur artistique.
En mars dernier, il montrait sa première collection Femme automne-hiver 25-26 à l’Opéra Garnier à Paris. Il y avait mis tout son sérieux et sa rigueur, il n’avait pas tremblé. On ne vous mentira pas, nous oui, on avait tremblé, non pas parce que l’on doutait de sa capacité à endosser le rôle mais parce que l’émotion était au rendez-vous, comme quand votre enfant monte sur scène à la fête de l’école. Tout ça parce qu’on l’a presque vu grandir, puisqu’on a rencontré Julian sur les bancs de l’école, il était alors étudiant à La Cambre, c’était en 2016, lors du jury de fin d’études, il avait déjà cette appétence pour les couleurs, cette fluidité dans les formes et cet acharnement à travailler ferme, dans la jubilation. On avait pressenti qu’il était prêt. Il confirme, a posteriori: «Ce Master2, je l’ai vécu comme une fin de quelque chose, avec beaucoup de joie, comme une célébration. Je voulais aussi honorer tout ce travail que j’avais investi à l’école. Et puis je savais que j’allais entrer chez Margiela juste après, j’étais excité pour la suite!»
Depuis, il n’a rien perdu de ce feu sacré. Sur son pull-over bleu marine, à hauteur du cœur, il a glissé quatre épingles, on pourrait presque croire à un bijou minimaliste, mais elles ne sont pas là pour faire joli. Il a interrompu son processus de création. On s’apprête à lui voler une paire d’heures de son précieux temps d’avant défilé, pour une conversation à bâtons rompus et une séance photo sur la terrasse venteuse où il se prêtera au jeu avec patience, abandonnant soudain son sourire lumineux – les codes de la mode ont la vie dure. Pour le portrait, il a ôté les épingles de son pull, surtout pas, on lui demandera expressément de les épingler à nouveau, elles disent combien Julian Klausner est dans le «faire». On ne pouvait rêver mieux pour Dries Van Noten.
Avec le recul, quel regard portez-vous sur votre collection Femme automne-hiver présentée lors de la Fashion Week parisienne en mars dernier?
C’était un moment particulier, un moment charnière. J’avais essayé de me préparer au rôle, d’imaginer ce que cela représentait: les interviews, être tout à coup en première ligne pour rencontrer les gens et expliquer la collection… Mais c’est le jour du défilé que je me suis rendu compte que la situation avait vraiment changé pour moi. C’est surtout à travers le regard des autres que je l’ai senti. Quel choc. J’avais le sentiment que c’était comme un effet domino, que c’était le premier pas et que cela allait s’enchaîner vite ensuite, ce que je confirme six mois après! J’ai aussi été touché par les réactions: c’est la première fois que j’ai senti réellement qu’il y a des gens qui regardent le défilé et la collection et les analysent. Je n’en avais pas pris la mesure avant, sans doute parce que je ne les sentais pas adressées à moi. Et ça a donné beaucoup de sens à ce qu’on fait, à ce que je fais.

La collection s’appelle Behind the Curtain. Était-ce une proposition d’ouvrir le rideau et de laisser entrer les gens dans votre univers à vous?
C’est à double sens, parce que j’ai été «behind the curtain» pendant toutes ces années. Mais surtout, ce titre fait le lien avec l’opéra – la collection parle de ce qui se passe derrière le rideau. On a su très tôt qu’on allait défiler à l’Opéra Garnier, l’espace a donc influencé la collection, ce n’est pas toujours le cas et ça l’est encore moins d’avoir un lieu aussi inspirant. Comme c’était ma première saison, je n’étais pas en recherche de nouvelles inspirations. J’ai eu ce plaisir d’utiliser celles que j’avais accumulées jusqu’à maintenant et dont je n’avais jamais eu l’occasion de faire quelque chose. Viendra un moment, j’en suis sûr, où je voudrai être stimulé par de nouvelles inspirations.
Vous étiez réellement derrière le rideau pendant ce défilé…
Je checke toujours les mannequins juste avant qu’elles sortent sur le catwalk. J’aime ça. Il faut dire que dans les documentaires que je regardais adolescent, je voyais John Galliano le faire, et les autres créateurs aussi, cela m’est resté. Juste avant le passage, je discute une seconde avec la personne qui va sortir et fais un dernier check. Je ne vois donc rien du défilé, et ça va très vite…

Et à la fin, il a bien fallu que vous sortiez de l’ombre pour vous plier au rituel du salut!
C’était particulier, je sais que cela fait partie du jeu mais j’étais mal à l’aise, ça me gênait… Mais j’ai essayé de ne pas me prendre la tête. J’étais conscient que je devais me présenter aux gens, c’est normal, il fallait qu’ils voient mon visage. Et puis moi aussi, j’avais envie de mettre un visage sur eux! Je succède au fondateur d’une maison qui est intimement liée à son histoire, à sa réputation, je pense que les gens aiment la maison mais aiment aussi Dries en tant que personne. Cela m’a beaucoup travaillé en prenant le rôle. Il n’est pas question d’être une personne publique, mais qu’il y ait quelqu’un derrière, c’est essentiel pour la maison. Certes, c’est surréaliste comme expérience mais j’imagine que je vais m’y habituer! Dries faisait ça avec un naturel fou, je ne pense pas qu’il y réfléchissait.
Comment vous est venu le goût de la mode et du vêtement?
J’ai grandi dans une maison remplie de livres et d’objets et pleine de jouets. Mon père est anglophone du Canada, ma mère est française, tous mes grands-parents viennent d’endroits différents, je suis le plus jeune de quatre enfants, comme Dries! Mes parents sont des gens curieux et passionnés, mon père a étudié l’architecture et collectionne, ma mère a étudié l’histoire de l’art et chine. J’étais entouré de femmes, mes sœurs, ma mère, ma grand-mère, mes tantes, j’adorais les regarder s’habiller et se transformer lors des fêtes. Assez vite, j’ai découvert la mode à travers ma cousine qui achetait du Dries et lisait des magazines de mode. Très jeune, je me suis dit que je voulais faire ça! A 12 ans, j’ai demandé une machine à coudre à mes parents…
«Une collection de mode, c’est presque comme de la peinture: on met des textures et des couleurs ensemble jusqu’à ce que l’on trouve une harmonie.»

Et quelle fut leur réaction?
Ils ont été étonnés mais m’ont dit: «OK, why not!» On a été chez Krëfel acheter une machine à coudre, la moins chère. Et tous les mercredis après-midi, jusqu’à mes 15 ans, j’ai appris à coudre avec Bernadette, elle venait à la maison. J’étais complètement fasciné par John Galliano, qui était chez Dior. Je me rappelle regarder son défilé couture, celui sur l’Egypte du printemps-été 2004, sur style.com et ne pas en dormir de la nuit tellement j’étais fasciné par ce que j’avais vu… J’étais souvent seul dans cette grande maison, à chipoter dans les affaires de ma mère, ses robes des années 1980 en taffetas avec des strass collés, et celles de mes frères et sœurs… Je me souviens du jour où j’ai coupé les soutiens-gorge de ma sœur pour en faire un top avec un drapé, et de la crise qui a suivi. Ma sœur m’a hurlé dessus, je ne sais pas ce qui m’avait pris de me permettre ça…
Assez vite, j’ai eu un buste et j’assemblais des tissus, je faisais des drapages en épingle, je prenais des photos… Ça a influencé ma sensibilité aux matières, aux couleurs. J’avais aussi une fabuleuse grand-mère maternelle, qui venait du Costa Rica. Elle avait de l’allure, elle mesurait 1,80 m et portait des pantalons en cuir, des tailleurs rose fuchsia, des grandes capes en hiver, toujours chapeautée. Elle savait coudre et adorait les bijoux. Elle avait un sens de la silhouette. Elle me filait des sacs remplis de ceintures dont elle se débarrassait ou les cravates de mon grand-père. En fait, tout le monde me mettait à disposition du brol avec lequel je pouvais m’amuser… C’est marrant de vous raconter ça, quel plaisir d’évoquer ces souvenirs.
En 2011, vous entamez vos études à La Cambre Mode(s), très naturellement…
Je savais que je voulais faire de la mode. Je m’étais renseigné sur les études à Central Saint Martins à Londres, à la Parsons School à New York et à Paris. Mais j’avais été voir presque tous les défilés de La Cambre, depuis que j’avais 10 ou 11 ans. J’aidais un peu Sarah de Grunne, qui y étudiait et qui était une amie de mes sœurs. J’allais les semaines avant le défilé chez elle et je cousais des pressions, des petits trucs, ça me permettait de découvrir comment elle travaillait. Quand je suis arrivé à La Cambre, je savais donc où j’allais! Et puis j’aimais l’esthétique de cette école…
Elle porte en elle, à travers sa pédagogie, une certaine vision de la mode belge. Quelle en est votre définition?
Je pense que la mode belge, c’est être dans le faire, pas dans l’imagination, mais dans la réalité du vêtement. C’est apprendre à se débrouiller avec ce que l’on a, et ce n’est pas la quantité qui fait la qualité. C’est faire quelque chose de fort avec rien. Et ça, je l’ai appris à La Cambre. Avant, j’étais à l’école européenne, c’était très international et je n’avais pas vraiment eu de confrontation avec le système éducatif belge… La mode belge, pour moi, c’est un travail instinctif, qui vient du cœur, des «guts». Ce n’est pas théorique: on essaie d’aller à l’essentiel de ce que l’on a à dire. En tous cas, moi, c’est ce que j’ai compris de ce qu’on essayait de m’apprendre.

«Aller à l’essentiel de ce que l’on a à dire»… craignez-vous d’être un moment tari, de ne plus rien avoir à dire?
Je n’y réfléchis pas. Même si durant mes années à La Cambre, j’y pensais beaucoup. Les études artistiques nous poussent à questionner notre identité, à réfléchir à ce que l’on à dire que quelqu’un d’autre ne dirait pas. Ces interrogations me travaillaient… Heureusement que je me suis débarrassé de plein de choses, sinon je n’aurais pas été capable de reprendre le rôle de directeur artistique de Dries Van Noten. Tony Delcampe, notre professeur et directeur, m’avait dit: «Finalement, quoi que tu fasses, cela te ressemblera.»
Il a également dit que vous pourriez être le fils de Dries Van Noten. Vous confirmez?
Je n’aurais jamais osé le dire moi, évidemment… Mais on a travaillé tous les jours ensemble pendant six ans et demi, on est donc proches, même s’il y a de la pudeur entre Dries et moi. On a des univers qui se ressemblent. Et puis Dries représente des valeurs qui me plaisent et que je partage: un sens du respect envers les autres, une concentration sur le travail et un certain calme. C’est ce que j’ai toujours admiré chez lui. Et pourtant, on a vécu le Covid et d’autres moments compliqués, mais il a toujours été calme et concentré, trouvant des solutions sans faire aucun drame.
Comment construisez-vous une collection?
Il n’y avait pas de formule avec Dries, on discutait beaucoup. Et moi aussi, je brainstorme avec l’équipe. Je pars souvent d’une intention, j’essaie assez vite d’imaginer la fin et de me demander ce que l’on veut évoquer comme message ou comme ambiance. Pour cet hiver, je savais que je voulais que ce soit quelque chose de sérieux parce que c’était mon premier défilé Femme. Après, viennent les matières, les couleurs qu’on met ensemble. Faire une collection, c’est une succession de choix, des grands et des petits, toute la journée. On ne peut finalement rien faire d’autre à part essayer de faire les bons, au moment venu. Mais il n’y a pas de bons et de mauvais, il y a surtout des choix instinctifs. J’essaie de ne pas trop me prendre la tête. C’est d’ailleurs comme ça que je travaillais avec Dries. Et puis créer une collection, c’est un processus de six mois, ce qui est quand même long. Il y a plein d’inattendus, des choses qui fonctionnent beaucoup mieux que ce qu’on espérait, d’autres qui ne fonctionnent pas. On s’adapte, on réajuste. J’ai toujours été très admiratif de Dries qui a cette capacité à rebondir vite. Il ne perdait pas de temps à être déçu, il était dans la réaction.
Vous privilégiez donc aussi l’étalement des tissus et des échantillons au sol?
Oui, on travaille beaucoup sur la table et par terre. Ici, c’est 200 m2 de sols remplis de propositions d’imprimés… C’est presque comme de la peinture: on met des textures et des couleurs ensemble jusqu’à ce que l’on trouve une certaine harmonie. Parfois, c’est d’abord presque dérangeant puis on s’y habitue et en ajoutant quelque chose, ça s’améliore. J’ai toujours vu Dries faire ça.

Dries Van Noten vous a-t-il confié les clés de la maison en vous donnant un conseil?
Non, ça s’est fait dans la transition, parce qu’il travaillait sur son dernier défilé Homme et que nous étions sur la collection Femme de ce printemps-été. Il était dans l’immeuble, mais il nous a laissé l’espace pour faire cette collection. Il m’en a donné aussi pour que je puisse prendre le rôle. Et j’ai voulu lui donner le temps et l’espace de quitter le rôle. Cela s’est fait naturellement, avec de la bienveillance. Il m’a dit que j’avais carte blanche tant que je gardais l’âme de la maison.
«Dries représente des valeurs qui me plaisent et que je partage: un sens du respect envers les autres, une concentration sur le travail et un certain calme.»
Comment qualifiez-vous «l’âme de la maison»?
Elle est mouvante, c’est ça qui est exceptionnel. Esthétiquement, l’univers Dries Van Noten est sans limites. On a fait des collections gothiques, hippies, ultraglamour, ultracasual… Mais il y a un je-ne-sais-quoi que tout le monde interprète un peu à sa manière et que j’essaie aussi d’interpréter.
Dries représente des valeurs qui me plaisent et que je partage: un sens du respect envers les autres, une concentration sur le travail et un certain calme. »
Il semble que cela vous réussisse: les réactions après le défilé Homme de juin dernier étaient dithyrambiques. Vous doutiez de vous?
C’était fou. C’était ma première saison Homme, je n’avais aucune attente quant aux réactions. J’ai fait du mieux que je pouvais. Je devais me prouver que j’étais capable de le faire. Je doute, évidemment, même si j’étais assez confiant sur le fait que j’allais arriver à quelque chose. Mais à quoi? Avec Dries, il nous est parfois arrivé d’être confiants et puis, en fin de compte, la magie n’opère pas. Et inversement. J’ai appris à ne pas trop y réfléchir parce qu’on ne peut évidemment pas anticiper cette magie.
Vous projetez-vous dans le futur? A deux mois, deux ans ou vingt ans?
Plutôt à deux mois, on est à fond sur la prochaine collection et sur le défilé. On est enthousiastes. Et il y a une énergie créative et ambitieuse dans la maison. Beaucoup de gens sont là depuis des décennies. C’était difficile pour tout le monde d’imaginer cette maison sans Dries. Mais petit à petit, on trouve nos repères. Il y a un sens de la responsabilité partagé par plein de gens ici. Onest nombreux à vouloir faire du mieux possible sans lui.
En bref
Julian Klausner
˚ Julian Klausner naît le 2 mai 1991 à Bruxelles, dans une famille aux origines multiples.
˚ A 12 ans, il reçoit une machine à coudre et suit des cours de couture. Il sait déjà que ce sera son métier.
˚ En 2011, il s’inscrit à La Cambre Mode(s), à Bruxelles.
˚ Il en sort diplômé en 2016 et entre chez Maison Margiela, aux côtés de John Galliano.
˚ Il est engagé chez Dries Van Noten en 2018.
˚ En décembre 2024, il succède à Dries Van Noten et est nommé directeur artistique de la maison.
˚ Il présente sa première collection Femme en mars 2025 et l’Homme en juin, durant les Fashion Weeks parisiennes.