S'il y a bien une chose que je ne supporte pas (hormis la coriandre, les pigeons, la pluie, Tom Cruise, le fils de ma voisine, entendre ma propre voix sur un répondeur, Despacito), c'est cette période maudite entre toutes que l'on nomme les grandes vacances. Ne rien faire étant la chose la plus anxiogène que je connaisse (hormis les araignées, l'orage, les espaces confinés, l'avion, les chiens mais que les bruns, Despacito), juillet et août sont une véritable torture. Loin d'être relaxante, l'inactivi...

S'il y a bien une chose que je ne supporte pas (hormis la coriandre, les pigeons, la pluie, Tom Cruise, le fils de ma voisine, entendre ma propre voix sur un répondeur, Despacito), c'est cette période maudite entre toutes que l'on nomme les grandes vacances. Ne rien faire étant la chose la plus anxiogène que je connaisse (hormis les araignées, l'orage, les espaces confinés, l'avion, les chiens mais que les bruns, Despacito), juillet et août sont une véritable torture. Loin d'être relaxante, l'inactivité est chez moi source d'un infini questionnement, à vocation plus ou moins existentielle. Cette année, j'ai pris la décision de faire taire le poète maudit qui sommeille en moi et de me rendre utile, ce qui ne m'était plus arrivé depuis la 2e primaire, quand Madame Chantal a demandé un volontaire pour effacer le tableau.Cet été, j'ai donc passé quelques jours à Bredene, dans un centre de vacances accueillant des enfants défavorisés issus de la région de Verviers. En tant qu'animatrice, mon job était relativement simple : encadrer et divertir un petit groupe de mômes, les maintenir en vie et plus ou moins en bonne santé. J'ai donc aidé à superviser les repas (c'est-à-dire répéter " finis ton assiette " sur un ton graduellement moins sympathique), joué à Souris Fromage, Ké Beau Kanou et Pinpin le Lapin Nain et, une fois la nuit tombée, participé aux veillées durant lesquelles j'ai appris que la moitié des chansons que je connais ne convient pas à un jeune public. Bredene oblige, j'ai également arbitré un concours de châteaux de sable (j'ai bien sûr fait gagner mon équipe) et consacré une bonne partie de mon imagination à trouver des excuses pour laisser les autres animateurs accompagner les enfants dans l'eau glacée. Au-delà de tout cela, plus sérieusement, j'ai surtout rencontré des gens. Des personnes drôles, attentionnées, touchantes qui, toute l'année, donnent de leur temps pour que des gamins qui ont moins de chance que les autres (et je ne parle pas que de leurs prénoms, Brandon, si tu nous lis) puissent passer de belles vacances. Les stages sont organisés par une ASBL verviétoise dont le but est de favoriser l'intégration sociale des jeunes et des moins jeunes à travers diverses activités (ateliers pour personnes âgées, école de devoirs, camps d'été). Si vous avez un peu d'énergie à leur consacrer, foncez : c'est bon pour le karma. Par Florence Mendez