Dans ce qui rend Keira Knightley unique, au vu de son impressionnante filmographie - plus de 37 longs métrages en moins de quinze ans de carrière -, il y a certainement ce goût pour le "film d'époque" qui n'avait pas manqué de nous intriguer. Après tout, n'entend-on pas souvent les actrices, Isabelle Huppert en tête, dire qu'elles sont un peu comme des princesses endormies, prêtes à se réveiller pour une jolie proposition de tournage? Ce n'est pourtant pas la prédilection pour le costume et les robes d'apparat qui a poussé la Britannique dans cette voie. Mais plutôt un constat : les rôles féminins dans les scripts "contemporains" font pâles figures face aux super-héroïnes d'hier qu'elle n'a cessé d'incarner, un bon nombre d'entre elles ayant d'ailleurs réellement existé. A ce titre, le parcours de vie de Colette ne fait pas exception: mariée au libertin Henry Gauthier-Villars, dit Willy, qui ne se contentera pas de la tromper mais lui volera même le fruit de son travail, allant jusqu'à la dépouiller de tous ses droits sur les Claudine qui ont pourtant lancé sa carrière d'écrivaine, la star de la Belle Epoque osera s'affranchir de sa coupe et même assumer ses amours lesbiennes au grand jour. Un récit d'une étonnante modernité au regard des combats féministes d'aujourd'hui, dans lesquels Keira Knightley se retrouve à 200%. Démonstration.
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