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A la faveur de l'exposition Masques, la Cité Miroir, à Liège, accueille plus de 80 oeuvres venues d'Asie, d'Amérique, d'Afrique et d'Océanie. Après avoir fait le plein au Bahreïn, à Pékin et même à Tokyo, où l'événement a attiré plus de 600 000 visiteurs, cette proposition est à marquer d'une pierre blanche. Deux raisons à cela. La première est d'ordre anthropologique. Il est fascinant de découvrir la fonction du masque dans la vie des hommes. Cet objet à la symbolique chargée ne se contente pas de dissimuler, il révèle également. Le masque ouvre sur un autre monde, il met en contact avec l'invisible et le surnaturel. L'autre motivation pour s'embarquer au fil d'une scénographie qui s'annonce spectaculaire - une tonalité, une matière, une atmosphère pour chaque continent représenté -, c'est bien entendu la technique, le savoir-faire, qui est condensé dans chacun des artefacts exposés. On pense en particulier à cet exemplaire en provenance du Nigeria. Sculpté dans une seule pièce de bois, il s'agit d'un grand masque-heaume qui découvre un double visage surmonté d'une paire de cornes. Sa bouche terrifiante rappelle la férocité des animaux sauvages de la brousse, notamment celle du buffle. On comprend sans peine, au point de s'en émouvoir, l'incroyable pouvoir qu'endossait tout individu qui avait la chance d'arborer cette merveille.