QUI ?

" On peut considérer mon travail comme une tentative obsessionnelle d'appropriation du réel où le corps, au sens large du terme, jouerait un rôle déterminant. " Ainsi s'exprime Valérie Belin. Spectaculaires et dépouillées, ses images s'impriment durablement sur la rétine du spectateur.L'objectif de son appareil traque le corps partout où sociétés et coutume...

" On peut considérer mon travail comme une tentative obsessionnelle d'appropriation du réel où le corps, au sens large du terme, jouerait un rôle déterminant. " Ainsi s'exprime Valérie Belin. Spectaculaires et dépouillées, ses images s'impriment durablement sur la rétine du spectateur.L'objectif de son appareil traque le corps partout où sociétés et coutumes lui imposent un carcan. Diplômée de l'Ecole nationale des beaux-arts de Bourges et d'un DEA en philosophie de l'art à l'Université Panthéon-Sorbonne à Paris, cette photographe française (1964, Boulogne-Billancourt) s'est fait connaître grâce à sa série emblématique des Mannequins, en 2003. Elle est aujourd'hui considérée comme l'un des plasticiens contemporains les plus reconnus de sa génération, tant sur la scène artistique hexagonale qu'internationale.Initialement, une " China Girl " est une actrice anonyme tenant la charte de gris du caméraman qui était utilisée pour étalonner la première image qu'on insérait dans l'amorce d'un film pour en faire des copies. Un rôle plutôt ingrat. La série éponyme présentée par Valérie Belin met en scène des jeunes femmes posant " telles des actrices incarnant des personnages imaginaires ". Telles des geishas contemporaines, elles endossent, selon l'artiste, " le rôle de belles captives, vivant dans un environnement merveilleux ". Pour l'atmosphère sensuelle fantasmagorique et les décors baroques. Mais également pour interroger la question du stéréotype dans un monde qui ne cesse d'en faire la promotion. Sans oublier de percevoir la " lueur d'éternité " dans le regard de ces femmes prisonnières de la représentation. M.V.