De quoi parle votre pièce?
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De quoi parle votre pièce? La problématique autour de l'industrie textile et la fast fashion est complexe, elle touche des aspects tant sociaux qu'environnementaux. Notre spectacle s'attaque à ce sujet et essaie de multiplier les points de vue en gardant un côté humoristique et didactique. L'enceinte du groupe représente une sorte de mini-société et les complications qui vont avec. On essaie de montrer comment combattre ça dans la joie! Cette problématique est controversée, comment l'aborder? Par l'autodérision. Le textile est une porte qu'on a choisi d'ouvrir pour approcher beaucoup de thématiques actuelles qui nous touchent. On ne se voyait pas dire aux gens: "C'est pas bien de faire ça", le message serait moins bien passé. Ce qu'on souhaite, c'est provoquer le questionnement sans être moralisateurs. On ne prétend jamais être des experts! On a dû se référer aux recherches de spécialistes et au monde associatif. Comment est née Du fil à l'aiguille? On a lancé l'idée il y a un an et la forme théâtrale est en constante évolution depuis. Le projet a démarré grâce à Oxfam Mons qui a fait une demande aux élèves en audiovisuel de l'école supérieure des arts, ARTS2, pour la campagne "Une autre mode est possible". La directrice a contacté Charlotte, qui avait terminé son mémoire sur le théâtre engagé, pour que des comédiens fassent une proposition sur ce sujet. Oxfam s'attendait à un sketch de 15 minutes. On leur a proposé une création théâtrale plus aboutie et ça leur a plu, ils nous ont donc aidés à débuter. On n'avait pas un balle, mais on a réussi à trouver des partenariats, on a eu la chance d'être soutenus par plein de personnes. Quel regard portez-vous sur la mode? La mode a lieu d'être. C'est un art de vivre qui a, entre autres, permis pas mal d'ouverture par rapport à l'émancipation des femmes. Il y a une distinction entre le monde de la mode et les jeunes créateurs qui essaient de se faire un nom. Il y en aura toujours pour s'approprier les tendances et en retirer des bénéfices. Les multinationales par exemple, qui récupèrent le travail des créateurs et en font du "tailoring", c'est une sorte de plagiat... Ça casse l'artiste. Heureusement, ce monde-là est en train de se remettre en question: on voit maintenant des propositions pleines d'espoir et d'audace qui vont dans le sens de la récupération. F.K.