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Une carrière exemplaire, entièrement dédiée aux artistes. Outre le fait qu'il ait repéré le cubisme avant son heure, Uhde est passé à la postérité pour un accomplissement majeur : avoir pris fait et cause pour les " naïfs ", une série d'artistes autodidactes en marge des grands mouvements. Pour celui qui s'est installé dans la Ville l...

Une carrière exemplaire, entièrement dédiée aux artistes. Outre le fait qu'il ait repéré le cubisme avant son heure, Uhde est passé à la postérité pour un accomplissement majeur : avoir pris fait et cause pour les " naïfs ", une série d'artistes autodidactes en marge des grands mouvements. Pour celui qui s'est installé dans la Ville lumière en 1904, ces talents, auxquels les grands galeristes ne s'intéressaient pas, n'avaient en réalité rien de candide. Pour cette raison, il les a rebaptisés " primitifs modernes ". L'expression est à entendre dans le sens d'une reconnexion aux forces vitales et spirituelles qui traversent ce monde. André Bauchant, Camille Bombois, Séraphine Louis, Henri Rousseau, Louis Vivin... Autant de signatures passées à la postérité grâce à l'oeil de cette personnalité hors normes que l'Allemagne nazie a déchu de sa nationalité en raison de ses écrits sur la peinture... " dégénérée ". Organisée de manière chrono-thématique, l'exposition qui est consacrée à Wilhelm Uhde donne à voir plus de 130 oeuvres provenant d'importantes collections publiques et privées, françaises et internationales. En déroulant le fil de la carrière de l'intéressé, Jeanne-Bathilde Lacourt, la commissaire, a pour ambition de mettre en lumière l'impact considérable de l'art brut sur la modernité picturale. Pour revoir les lumineuses toiles de Séraphine Louis, femme de ménage dont les natures mortes bouleversantes ont hissé grenades, pommes et autres grappes de raisin au sommet de la beauté. M.V.