Icônes électriques: Teuk Henri, le conteur

25/11/10 à 15:01 - Mise à jour à 15:01

Source: Weekend

Tous les quinze jours, Jérôme Mardaga nous parle d'un des musiciens qui a marqué sa carrière.

Si vous avez suivi la musique "belge" de ces dernières années, vous connaissez sans doute Sharko. Trio infernal incompris mené de main de maître par l'immense David Bartholommé.

A sa gauche sur scène se balance un guitariste hollandais assez sexy et hors du commun, Teuk Henri. Je me rends aux concerts de Sharko pour deux raisons : primo écouter les sketches du chanteur, les lui piquer et les réarranger à ma sauce. Et surtout secundo fermer les yeux et me laisser transporter loin d'ici grâce aux histoires que racontent la guitare de Teuk Henri. Ce musicien, c'est une galaxie à lui tout seul, il est capable de démêler tous les fils et de construire un vaisseau spatial. Avec classe et discrétion, à l'économie, sans faute de goût. Sa Telecaster coup de soleil un rien cambrée, tenue proche du corps, se ballade élégamment le long des mélodies du chanteur. Sait se faire nerveuse, poignante, jamais vulgaire. A vingt mille lieues des riffs "supertankers", comprenez bateau voire très gros bateau, de la majorité de ses collègues du coin. Ce mec mérite une Victoire de la Guitare, l'Octave d'Or du Médiator, une statue dans le jardin du Botanique. En lieu et place de cela, le grand public l'ignore, préférant se trémousser sur la muzak ( comprenez musique de supermarché, d'ascenseur et trop souvent de radio) de groupes "facebook-fashion" niais à souhait et belles gueules, large tour de col et mèches laquées de travers. Je m'égare mais pas tant que cela. Teuk Henri en a vu d'autres et je crois qu'il s'en fout. Teuk a raison. Et les moutons sont sourds.

Jérôme Mardaga

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