Bien évidemment je plaisante, même si je reconnais volontiers ne pas être une inconditionnelle de la maternité. Il va de soi que j'aime mon fils, m'enfin si j'avais pu l'avoir sans devoir le porter ou accoucher, je ne l'aurais pas aimé moins. J'ai vécu ma grossesse comme neuf mois de taule, pétrie d'angoisse à l'idée qu'il arrive quoi que ce soit à ce bébé. Rapport sans doute à mes capacités en cuisine, puisque j'ai raté absolument tout ce que j'ai sorti du four.
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Bien évidemment je plaisante, même si je reconnais volontiers ne pas être une inconditionnelle de la maternité. Il va de soi que j'aime mon fils, m'enfin si j'avais pu l'avoir sans devoir le porter ou accoucher, je ne l'aurais pas aimé moins. J'ai vécu ma grossesse comme neuf mois de taule, pétrie d'angoisse à l'idée qu'il arrive quoi que ce soit à ce bébé. Rapport sans doute à mes capacités en cuisine, puisque j'ai raté absolument tout ce que j'ai sorti du four. Je profite de cette blague de mauvais goût pour vous parler de ce que j'ai testé cette semaine: une exposition sur la naissance. La suite logique, je suppose, de celle d'il y a quelques mois sur la pornographie. Cela se passait d'ailleurs au même endroit, à savoir la salle Allende sur le campus de l'ULB, à Bruxelles. Organisée en partenariat avec le musée de la médecine, elle présente tout ce qui mène à un nouvel être humain, de la conception au développement en terminant par l'accouchement. Cela vous surprendra peut-être, mais j'ai vraiment été conquise. Je suis ressortie de là carrément fière de savoir que mon corps (et vaguement celui du papa) avait accompli tout cela. C'est que l'expo est riche en explications scientifiques, qui mettent à l'honneur cette véritable machine de guerre qu'est le corps de la femme. Je le dis sans ironie aucune: c'est à vous faire aimer vos vergetures. L'aspect médical s'attarde également sur l'évolution de l'obstétrique. On peut par exemple découvrir des instruments dont je suis plus ou moins sûre d'avoir vu les mêmes chez Brico, de quoi vous faire réaliser que, contrairement à beaucoup de choses, l'accouchement c'était pas mieux avant. Tout cela se mêle bien sûr à ce qu'il faut de socio- et d'anthropologie, ainsi se dévoile qui accouche où, quand et comment, un très beau voyage humain, culturel et féministe dans l'espace et le temps. Un peu de politique aussi, puisque sont abordés entre autres les droits liés à la procréation médicalement assistée ou à l'avortement. Enfin, l'expo fait la part belle aux mythes et aux superstitions qui entourent la naissance, histoire de combattre efficacement une myriade d'idées reçues. En un mot comme en cent: allez-y. Les hommes, les femmes, les indécis, les nulli/primi/multipares, les parents comblés d'octuplés ou les gens qui ne veulent pas d'enfants. On en ressort un peu plus aimant, un peu plus grand, un peu moins gland. Et ça, c'est toujours une bonne chose.