Les portes de son salon ont ouvert le 3 août 2018 avec un concept à la fois novateur et dans l'air du temps : le végétal. Coiffeuse depuis quelques années et lassée de vendre des produits capillaires auxquels elle ne croit plus, Kanel a ressenti l'envie de proposer autre chose. Au menu, des soins et colorations à base de henné et de fleurs. Du végétal, donc.

Ces colorations, Kanel les réalise dans un cul de poule en mélangeant des poudres colorantes à base de plantes, avec son fouet et de l'eau tout juste sortie de sa bouilloire. Elle explique : "il existe des poudres colorantes avec 10 pigments différents. La 'honey', 'safran' et 'sahara' ont "les pigments les plus forts et sont un mélange de henné et d'autres fleurs ou épices. Comme le curcuma."

Les poudres 'honey', 'safran', 'sahara' ont les pigments les plus forts, Julie Nicosia
Les poudres 'honey', 'safran', 'sahara' ont les pigments les plus forts © Julie Nicosia

Les autres poudres ont des pigments plus faibles. Comme par exemple la 'navy' qui "comporte de l'indigo, une plante naturelle bleue verte. Elle sert à neutraliser les pigments forts. Cela permet d'obtenir de beaux reflets châtains. D'autres poudres sont utilisées pour travailler avec des cheveux plus clairs, comme la cappuccino.

La coiffeuse poursuit : "il y a une poudre spéciale à base de casia italica. C'est une plante qui a les mêmes bienfaits que le henné, c'est-à-dire, qu'elle hydrate, et fait briller les cheveux mais sans colorer. C'est une poudre neutre."

La poudre neutre, à base de casia italica, Julie Nicosia
La poudre neutre, à base de casia italica © Julie Nicosia

À sa préparation de poudre et d'eau, Kanel ajoute un booster qui "va accentuer la brillance et permettre de garder la couleur de manière optimale plus longtemps et donner une bonne texture aux cheveux."

Le bienfait des colorations végétales pour les cheveux

  • Gainer les cheveux, et donc les rendre plus souples
  • Hydrater les cheveux
  • Apporter de la brillance
  • Obtenir de chouettes nuances de couleurs
  • Couvrir les cheveux blancs sans les abîmer

Radio Nostalgie en boucle, entre Patrick Bruel et les Beatles, elle discute facilement de Netflix, de pièces de théâtre ou de musées. Toujours avec un sourire, avec les yeux, puisque qu'un masque couvre ses lèvres et sa bouche, coronavirus oblige!

Vient le temps de pause. Souvent entre trente minutes et une heure en fonction de l'intensité de la couleur désirée, de l'épaisseur du cheveu.

Les différentes poudres colorantes disposées sur une étagère au sein du salon de coiffure végétale, Julie Nicosia
Les différentes poudres colorantes disposées sur une étagère au sein du salon de coiffure végétale © Julie Nicosia

En ce qui concerne les cheveux blancs, Kanel précise qu'il "faut deux applications. Donc deux temps de pose."

2020, une année difficile

C'est donc masquée qu'elle accueille ses clientes à qui elle propose d'emblée du gel hydroalcoolique. Derrière ce masque, la jeune femme sourit et pourtant, indépendante, elle doit faire face à un arrêt maladie et une crise qui l'a pris de plein fouet.

En effet, le 2 janvier, la jeune femme se fracture le poignet, outil de ptravail primordial pour une coiffeuse. Huit semaines de repos au compteur, elle reprend le 6 mars à mi-temps. S'ensuit un retour pratiquement à la normale quand l'épidémie de coronavirus frappe la Belgique: Kanel prend la décision de ne plus travailler à la mi-mars, une décision prudente qu'elle qualifie de "logique" car il s'agit "d'un métier de contact". Quelques jours plus tard, le Conseil national de Sécurité décide que les salons doivent fermés leurs portes afin d'éviter la propagation du Covid.

Le salon de coiffure aménagé, Julie Nicosia
Le salon de coiffure aménagé © Julie Nicosia

Le 18 mai marque le jour de la réouverture du salon. Une date tant attendue pour le secteur. Mais un retour fragmenté par des mesures de sécurité : le coronavirus l'aura obligé à s'organiser autrement.

Parmi les nouveautés, on retrouve l'obligation de n'avoir que deux client.e.s à la fois dans le salon, une distanciation physique et le port obligatoire du masque. Au niveau des rendez-vous aussi, "c'est toute une organisation. Les client.e.s peuvent prendre rendez-vous via Facebook et par téléphone. Avant le confinement, je ne comptais que le temps de l'application ou de la coupe. Maintenant je dois boucler tout le temps que la cliente reste. Pour les coupes, je dois compter plus de temps également car je dois désinfecter le matériel."

Gênée, la jeune femme indique que cette crise entraîne une légère hausse de ces tarifs. Légère, car on compte entre 3 et 5 euros de plus par "menu" sur le tarif indiqué.

Un voeu pour la suite ?

Pour la fin 2020, si j'ai un souhait, c'est retrouver une proximité et une ambiance conviviale qui est moins présente maintenant

Le salon ayant du répondre à la consigne de distanciation sociale de minimum 1,50 m par des réamenagements. "J'aimerais aussi remettre mon fauteuil d'attente. Je n'aime pas cette atmosphère de peur où on se parle moins".

À côté de cette volonté de proximité avec ces clientes, elle confie que "pouvoir reprendre mes proches dans mes bras. Dans mes deux bras" reste une priorité.

Les portes de son salon ont ouvert le 3 août 2018 avec un concept à la fois novateur et dans l'air du temps : le végétal. Coiffeuse depuis quelques années et lassée de vendre des produits capillaires auxquels elle ne croit plus, Kanel a ressenti l'envie de proposer autre chose. Au menu, des soins et colorations à base de henné et de fleurs. Du végétal, donc. Ces colorations, Kanel les réalise dans un cul de poule en mélangeant des poudres colorantes à base de plantes, avec son fouet et de l'eau tout juste sortie de sa bouilloire. Elle explique : "il existe des poudres colorantes avec 10 pigments différents. La 'honey', 'safran' et 'sahara' ont "les pigments les plus forts et sont un mélange de henné et d'autres fleurs ou épices. Comme le curcuma." Les autres poudres ont des pigments plus faibles. Comme par exemple la 'navy' qui "comporte de l'indigo, une plante naturelle bleue verte. Elle sert à neutraliser les pigments forts. Cela permet d'obtenir de beaux reflets châtains. D'autres poudres sont utilisées pour travailler avec des cheveux plus clairs, comme la cappuccino. La coiffeuse poursuit : "il y a une poudre spéciale à base de casia italica. C'est une plante qui a les mêmes bienfaits que le henné, c'est-à-dire, qu'elle hydrate, et fait briller les cheveux mais sans colorer. C'est une poudre neutre." À sa préparation de poudre et d'eau, Kanel ajoute un booster qui "va accentuer la brillance et permettre de garder la couleur de manière optimale plus longtemps et donner une bonne texture aux cheveux."Radio Nostalgie en boucle, entre Patrick Bruel et les Beatles, elle discute facilement de Netflix, de pièces de théâtre ou de musées. Toujours avec un sourire, avec les yeux, puisque qu'un masque couvre ses lèvres et sa bouche, coronavirus oblige! Vient le temps de pause. Souvent entre trente minutes et une heure en fonction de l'intensité de la couleur désirée, de l'épaisseur du cheveu.En ce qui concerne les cheveux blancs, Kanel précise qu'il "faut deux applications. Donc deux temps de pose."C'est donc masquée qu'elle accueille ses clientes à qui elle propose d'emblée du gel hydroalcoolique. Derrière ce masque, la jeune femme sourit et pourtant, indépendante, elle doit faire face à un arrêt maladie et une crise qui l'a pris de plein fouet. En effet, le 2 janvier, la jeune femme se fracture le poignet, outil de ptravail primordial pour une coiffeuse. Huit semaines de repos au compteur, elle reprend le 6 mars à mi-temps. S'ensuit un retour pratiquement à la normale quand l'épidémie de coronavirus frappe la Belgique: Kanel prend la décision de ne plus travailler à la mi-mars, une décision prudente qu'elle qualifie de "logique" car il s'agit "d'un métier de contact". Quelques jours plus tard, le Conseil national de Sécurité décide que les salons doivent fermés leurs portes afin d'éviter la propagation du Covid. Le 18 mai marque le jour de la réouverture du salon. Une date tant attendue pour le secteur. Mais un retour fragmenté par des mesures de sécurité : le coronavirus l'aura obligé à s'organiser autrement. Parmi les nouveautés, on retrouve l'obligation de n'avoir que deux client.e.s à la fois dans le salon, une distanciation physique et le port obligatoire du masque. Au niveau des rendez-vous aussi, "c'est toute une organisation. Les client.e.s peuvent prendre rendez-vous via Facebook et par téléphone. Avant le confinement, je ne comptais que le temps de l'application ou de la coupe. Maintenant je dois boucler tout le temps que la cliente reste. Pour les coupes, je dois compter plus de temps également car je dois désinfecter le matériel."Gênée, la jeune femme indique que cette crise entraîne une légère hausse de ces tarifs. Légère, car on compte entre 3 et 5 euros de plus par "menu" sur le tarif indiqué. Le salon ayant du répondre à la consigne de distanciation sociale de minimum 1,50 m par des réamenagements. "J'aimerais aussi remettre mon fauteuil d'attente. Je n'aime pas cette atmosphère de peur où on se parle moins".À côté de cette volonté de proximité avec ces clientes, elle confie que "pouvoir reprendre mes proches dans mes bras. Dans mes deux bras" reste une priorité.