On aurait pu penser, à tort, que les formats monodose seraient peu à peu voués à disparaître pour laisser place à des contenants de plus en plus grands et de plus en plus recyclables, voire ressourçables. Pourtant, de la même manière que les échantillons, montrés du doigt pour leur empreinte écologique désastreuse, ne cessent de faire le bonheur des consommatrices, les soins visage à usage unique se multiplieraient plutôt. Le succès des masques, sur support ou non d'ailleurs, a sans doute boosté la tendance. Mais elle touche aussi le secteur plus générique des soins visage. Et ce dans toutes les gammes de prix.
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On aurait pu penser, à tort, que les formats monodose seraient peu à peu voués à disparaître pour laisser place à des contenants de plus en plus grands et de plus en plus recyclables, voire ressourçables. Pourtant, de la même manière que les échantillons, montrés du doigt pour leur empreinte écologique désastreuse, ne cessent de faire le bonheur des consommatrices, les soins visage à usage unique se multiplieraient plutôt. Le succès des masques, sur support ou non d'ailleurs, a sans doute boosté la tendance. Mais elle touche aussi le secteur plus générique des soins visage. Et ce dans toutes les gammes de prix. Une sorte de retour aux sources, quand on y regarde de plus près, puisque c'est souvent dans des ampoules que les premières formules de sérum sont apparues sur le marché. Le design quasi pharmaceutique de l'emballage a alors contribué à crédibiliser un produit coûteux car réputé plus concentré qu'un soin " classique ". Longtemps réservé aux acteurs les plus premium, le sérum s'est entre-temps largement démocratisé, au point de ne devenir qu'une étape parmi (beaucoup) d'autres dans des routines inspirées des superpositions de soins qui se pratiquent en Corée. Le contenant s'est alors banalisé, les marques privilégiant les flacons pompe plus faciles à ranger sur les linéaires de la grande distribution. Mais cela, c'était avant qu'un nouveau mantra ne vienne bousculer nos certitudes beauté : à la standardisation de gestes répétés, on préfère désormais le rituel personnalisé à la semaine ou au jour près. Un réglage fin naturellement plus aisé si les soins sont proposés en mini- voire monodose. Pour rencontrer cette demande accrue de traitements sur mesure, des marques comme Kruidvat, Yves Rocher ou Rituals ont ajouté des cures sous forme d'ampoules en verre à leurs lignes visage, afin d'en doper l'effet si les besoins s'en font sentir. Une philosophie suivie par Babor dès l'origine, puisque la société familiale s'est spécialisée depuis plus de soixante ans déjà dans le développement de ce type de sérums : aujourd'hui, pas moins de 14 ampoules différentes, toutes hautement concentrées, répondent de manière ciblée aux sautes d'humeurs tantôt saisonnières, tantôt hormonales, de la peau. " Nous avons toujours cru dans l'efficacité de notre approche, même lorsque nos ampoules pouvaient paraître un peu désuètes, estime Andrea Weber, directrice du département Recherche et développement de cette firme allemande commercialisant 19 millions d'unités chaque année. Cela rend notre expertise d'autant plus légitime aujourd'hui. A mes yeux, les ampoules n'ont que des avantages : la dose de 2 ml qu'elles contiennent a été pensée pour couvrir ce que nous appelons " the big face ", autrement dit, le visage élargi au cou et au décolleté, régulièrement oubliés dans une routine classique. Ici, pour ne pas se retrouver avec un surplus de sérum sur les mains, on prend tout naturellement l'habitude d'en appliquer partout. " Au crédit de ce type de packaging, on peut ajouter la possibilité de réduire la quantité de conservateurs présents dans la formule, qui ne se retrouve jamais en contact prolongé avec l'air une fois l'ampoule ouverte. Le verre, également recyclable, évite tout risque d'interaction entre le produit et le contenant, ce que le plastique ne garantit pas toujours... " Customiser son soin quotidien avec des ampoules que l'on choisit en fonction de son ressenti du moment, c'est un peu comme prendre des compléments alimentaires, compare Andrea Weber. On offre un bonus à sa peau. " S'il existe toujours des ampoules dites " coup d'éclat ", qui permettent de donner le change le temps d'une soirée, c'est souvent en cure de moyenne durée qu'elles sont préconisées. La marque islandaise Bioeffect a ainsi imaginé des traitements anti-âge à utiliser une à quatre fois par an, pendant un mois, en complément de son sérum classique pour en doper l'effet, le tout présenté sous forme de trois flacons à pipette de 5 ml chacun. Nivea et Eucerin ont également adjoint à leurs gammes anti-âge stars des micro-tubes contenant chacun 5 ml de sérum ultraconcentré pour sept jours d'utilisation. Même démarche chez Verso Skincare avec une super huile dans un conditionnement de 4 x 7,5 ml plutôt qu'un flacon de 30 ml pour garantir la fraîcheur des actifs - un rétinol obtenu à partir d'un dérivé unique de vitamine A et d'extraits de polyphénol - pas toujours faciles à stabiliser à long terme. Cette logique, on la retrouve par ailleurs dans le choix du packaging du nouveau sérum nuit d'Elizabeth Arden : pour mieux protéger de la lumière et de l'air son cocktail sensible à base de rétinol et de céramides, la marque l'a encapsulé dans de petites bulles biodégradables. Un procédé qui garantit au sérum une puissance d'action de 76 % supérieure à celle d'un produit conservé de manière traditionnelle pendant 10 mois. Chez Estée Lauder, c'est une cure longue durée de deux mois dans la franchise Advanced Night Repair qui est ainsi proposée dans une enveloppe bulle d'origine végétale. Collistar qui, dans les années 80 déjà, a été l'une des premières lignes cosmétiques à introduire des capsules monodose dans son assortiment vient d'adapter cette technologie à sa gamme Nero Sublime en enfermant dans des perles de gélatine un booster d'éclat pour le visage et le cou et un puissant concentré qui agit directement sur les signes de fatigue du contour des yeux, grâce à son effet " liftant ". Isdin combine hydratation de jour et réparation de nuit à l'aide de coffrets associant les deux sérums à utiliser en alternance. Dans un esprit encore plus luxe, Valmont a même développé un rituel " soins intensifs ", qui, comme son nom l'indique, vient au secours des épidermes en crise avec un programme de 28 jours empaqueté dans 14 tubes antichoc faciles à emporter partout. Car c'est l'autre avantage incontestable de ces mini-formats : nomades par excellence, ils voyagent facilement et passent sans encombre les contrôles de sécurité aéroportuaires. Rien d'étonnant, dès lors, à ce que certaines cures ciblent plutôt des besoins propres - sérum après-soleil, anti-jetlag ou spécial nuits courtes et arrosées... - aux vacances, ce temps béni où l'on a le temps de prendre un peu plus soin de soi qu'à l'ordinaire.