Mais cette petite révolution se produit sans doute davantage dans la parfumerie dite de niche qu'auprès des marques historiques, moins enclines à faire preuve d'audace au rayon masculin."Ce marché, toujours largement dominé par les clichés virilistes, entretient un conformisme d'un autre temps, dans lequel une grande partie de ...

Mais cette petite révolution se produit sans doute davantage dans la parfumerie dite de niche qu'auprès des marques historiques, moins enclines à faire preuve d'audace au rayon masculin."Ce marché, toujours largement dominé par les clichés virilistes, entretient un conformisme d'un autre temps, dans lequel une grande partie de sa cible ne se retrouve plus, pointe Jeanne Doré, directrice de l'ouvrage collectif Parfums pour homme qui vient de sortir chez Nez Editions. La jeune génération surtout, d'humeur partageuse, aime que les flacons circulent. Comme dans son vestiaire, elle se moque des codes et n'aime rien tant que de s'emparer de ce qui appartient à l'univers du sexe opposé.Rien d'étonnant donc à ce que l'on retrouve la rose tous azimuts parmi les ingrédients de cette rentrée olfactive masculine . Francis Kurkdjian, qui il y a vingt-cinq ans osait déjà prendre l'industrie à rebrousse-poil avec Le Mâle de Jean Paul Gaultier, s'est mis au défi de ne pas la camoufler derrière le oud ou le géranium mais de la servir en majesté dans son Homme à la Rose qu'il offre ainsi aux plus audacieux. Tom Ford, avec Rose Prick, la fait "piquer" en tête avec du poivre et du curcuma. Chez Gucci, le piment rouge teinté de vinaigre et de sel lui confère une fraîcheur amère. Grâce à elle, Ben Gorham avec Lil Fleur propose aux jeunes filles et garçons une capture des émotions en dents de scie de l'adolescence. Une célébration du doute et de l'incertitude, à mille lieues des pubs qui vénèrent encore les rouleurs de mécanique.