"J'ai toujours aimé mes grains de beauté, ils sont mon atout charme, s'exclame Nele, 42 ans. C'est ce qui me rend unique et j'adore l'idée de ne pas être comme tout le monde." Celui qu'elle affectionne le plus? Sa mouche naturelle au coin de l'oeil droit. A l'instar d'icônes glamour telles Marilyn Monroe, Cindy Crawford ou encore Eva Mendes, la quadra est particulièrement fière d'arborer son grain de beauté qui lui rappelle "les canons de beauté hollywoodiens des années 30. Il m'a d'ailleurs valu beaucoup de compliments!", avoue-t-elle, amusée.
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"J'ai toujours aimé mes grains de beauté, ils sont mon atout charme, s'exclame Nele, 42 ans. C'est ce qui me rend unique et j'adore l'idée de ne pas être comme tout le monde." Celui qu'elle affectionne le plus? Sa mouche naturelle au coin de l'oeil droit. A l'instar d'icônes glamour telles Marilyn Monroe, Cindy Crawford ou encore Eva Mendes, la quadra est particulièrement fière d'arborer son grain de beauté qui lui rappelle "les canons de beauté hollywoodiens des années 30. Il m'a d'ailleurs valu beaucoup de compliments!", avoue-t-elle, amusée.Si Nele en joue volontiers, elle n'est pas la seule. En effet, le grain de beauté et ses célèbres cousines, les taches de rousseur, ont le vent en poupe. Certaines vont même jusqu'à s'en dessiner sur la peau, une tendance qui n'est pas sans rappeler la célèbre mouche des précieuses. Pourtant, il n'a pas toujours été gage de sensualité. Au fil des époques, il fut tantôt méprisé, adulé, critiqué ou valorisé. Si on raconte que les peuples perses et arabes le voyaient comme un signe de beauté, à l'inverse, d'autres civilisations le percevaient comme un obstacle à une peau parfaite et unifiée. Au Moyen Age, l'Eglise le considérait d'ailleurs comme un signe de sorcellerie, indiquant l'endroit précis où le diable entre dans le corps. Du coup, beaucoup ont longtemps cherché à s'en débarrasser. Le grain de beauté connaît sa période de gloire à la cour du Roi-Soleil. Ainsi, dès le XVIIe siècle, l'usage de la mouche, petit rond de taffetas ou de velours noir imitant le grain de beauté, devient aussi populaire que le fard et les perruques. "A l'origine, l'aristocratie française de l'époque l'utilisait comme cache-misère pour dissimuler les imperfections et les maladies de la peau. Mais la mouche est par la suite devenue un accessoire de mode très prisé", décrit Jessie Lefler, make-up artist pour M.A.C Cosmetics Belgique. Selon un code bien précis, les courtisanes s'en servent également pour indiquer leur humeur du jour: coquine, enjouée, discrète, effrontée... Louis XIV lui-même en aurait été un fervent adepte. Toutefois, l'apparition des pratiques chirurgicales modernes fait à nouveau chuter leur cote de popularité, et incitent de plus en plus de personnes à se les faire retirer. Il y a une dizaine d'années, la célèbre actrice Natalie Portman livrait aux tabloïds une bien triste anecdote... "Quand je faisais des shooting photo, on utilisait Photoshop pour effacer le grain de beauté que j'ai sur la joue. Face à face, personne ne me disait rien mais c'était comme si on m'avait fait comprendre que c'était un affreux défaut, déplorait-elle. Jusqu'à ce que je dise: "Non, ça fait partie de moi. Je ne suis pas un top-modèle. On me prend en photo pour ce que je suis et ce grain en fait partie."" A la même époque, Julia Roberts, la star de Pretty Woman, avoua à un magazine lifestyle français avoir été invitée à se faire opérer afin d'enlever un de ses grains de beauté. "Un jour, un réalisateur m'a demandé de me faire retirer celui que j'ai sous l'oeil. Selon lui, il rendait sale mon visage..." Heureusement, il semble que ces dernières années aient permis de faire évoluer la vision que nous avons du grain de beauté. Le grand public est également mieux informé quant à sa nature et ses dangers potentiels. Ainsi, le docteur Donatienne Carton, à Tournai, membre de l'équipe de dermatologie de l'hôpital Erasme à Bruxelles, explique qu'un grain de beauté est "un regroupement de cellules pigmentaires dans la peau formant le plus souvent une petite tache brune ou rosée, et qui apparaît dans les premières décennies de la vie. Il est dû à la génétique, au statut immunitaire et à l'exposition solaire. S'il est généralement bénin, sa forme cancéreuse, le mélanome, peut être très dangereuse...", avertit-elle. Mais depuis la démocratisation des outils modernes, "nous enlevons les mélanomes à un stade beaucoup plus précoce et évitons ainsi des catastrophes. Les dépistages sont aussi bien plus fréquents donc statistiquement, nous enlevons plus de grains de beauté qu'auparavant." Toutefois, ce n'est pas cette raison qui a mené Guillaume, 25 ans, à se faire retirer le grain de beauté qu'il avait au menton. En effet, celui-ci ne présentait aucun danger pour le jeune homme, mais son léger relief sur la peau le gênait profondément. "Personne n'en a jamais rigolé et personne ne m'a jamais rien dit, mais je l'ai fait pour moi, déclare-t-il simplement. J'avais envie qu'on me voie comme j'avais envie de me montrer." C'est pourquoi, à l'âge de 15 ans, il prend la décision de se le faire retirer. "Ce qui m'ennuyait, outre le fait qu'il était en relief, c'est quand j'ai commencé à avoir de la barbe. Les premiers poils s'y concentraient. En plus de ne pas être joli, ce n'était pas pratique pour se raser", détaille-t-il. Le jeune homme se dit ravi de l'opération, bien qu'il ne pense pas la réitérer. "J'ai d'autres grains de beauté en relief sur le corps. Sur la jambe, par exemple. Mais ça ne me dérange pas: les gens ne regardent pas les jambes, mais le visage..." Enfin, la tendance des faux grains de beauté et taches de rousseur fait de plus en plus d'adeptes, notamment sur les réseaux sociaux. Nombreux s'y essaient d'ailleurs après en avoir vu sur leur influenceur préféré. Une aubaine pour Jessie Lefler, qui y voit également un retour à plus d'authenticité. "Des clients me demandent parfois de couvrir leurs grains de beauté ou taches de rousseur, mais ces demandes ont été de moins en moins nombreuses au cours des dernières années", affirme-t-elle. La maquilleuse professionnelle explique cette tendance par le mouvement croissant de "body positive" , accéléré par la pandémie. "Cela se répercute sur la beauté et prend la forme de tendances plus vraies et brutes de la peau. Nos différences sont maintenant célébrées et en tant que maquilleuse, je trouve que c'est une évolution formidable! se réjouit-elle. C'est tellement plus amusant de mettre en valeur les caractéristiques uniques de chacun plutôt que de se conformer à une seule idée de la beauté..."