Cela fait dix ans déjà que la marque de soins holistiques Cinq Mondes ouvrait un spa dans l'hôtel Dolce By Wyndham, à La Hulpe. A l'origine de la marque, deux passionnés, Nathalie et Jean-Louis Poiroux, partis aux quatre coins du monde à la rencontre de médecines traditionnelles et de rituels de soin qu'ils ont pu adapter à leur clientèle. C'est lors de cette initiation qu'ils ont croisé la route du Dr Ghanashyam Marda, spécialiste indien de la médecine ayurvédique depuis lors devenu le conseiller scientifique de Cinq Mondes. Une nouvelle routine, développée en collaboration avec le praticien, vient de s'ajouter à la liste de soins regroupant des soins inspirés de ce qui se fait en Inde, en Chine, en Thaïlande, au Japon et au Maroc. Il s'agit du massage Shirodhara, un soin traditionnel qui se concentre sur la tête (lire ci-dessous). A cette occasion nous nous sommes entretenus avec le Dr Marda et Nathalie Poiroux afin qu'ils nous expliquent comment l'ayurveda, encore peu connu en Europe, peut nous aider à nous sentir mieux sans que nous devions pour autant changer radicalement notre style de vie. Démonstration.
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Cela fait dix ans déjà que la marque de soins holistiques Cinq Mondes ouvrait un spa dans l'hôtel Dolce By Wyndham, à La Hulpe. A l'origine de la marque, deux passionnés, Nathalie et Jean-Louis Poiroux, partis aux quatre coins du monde à la rencontre de médecines traditionnelles et de rituels de soin qu'ils ont pu adapter à leur clientèle. C'est lors de cette initiation qu'ils ont croisé la route du Dr Ghanashyam Marda, spécialiste indien de la médecine ayurvédique depuis lors devenu le conseiller scientifique de Cinq Mondes. Une nouvelle routine, développée en collaboration avec le praticien, vient de s'ajouter à la liste de soins regroupant des soins inspirés de ce qui se fait en Inde, en Chine, en Thaïlande, au Japon et au Maroc. Il s'agit du massage Shirodhara, un soin traditionnel qui se concentre sur la tête (lire ci-dessous). A cette occasion nous nous sommes entretenus avec le Dr Marda et Nathalie Poiroux afin qu'ils nous expliquent comment l'ayurveda, encore peu connu en Europe, peut nous aider à nous sentir mieux sans que nous devions pour autant changer radicalement notre style de vie. Démonstration. Comment avez-vous décidé de travailler ensemble?Dr Marda. Nous nous sommes rencontrés avant le lancement de Cinq Mondes. Je fais donc partie de l'aventure depuis le début. Je leur ai expliqué les bases de la médecine ayurvédique et ils les ont adaptées à leurs besoins et à leurs clients. Nathalie Poiroux. Nous nous sommes rencontrés en 2001, à Paris. Jean-Louis et moi revenions d'un voyage en Inde où nous avions découvert l'ayurveda, notamment le volet médical qui nous intéressait énormément. Nous étions convaincus que cette science pouvait plaire aux Français et plus largement aux Européens. Nous avons été séduits par l'approche qu'en avait le Dr Marda. L'idée, c'était de partir ensemble d'un squelette, d'une base et d'adapter ce savoir à notre culture. La pratique des massages, notamment à des fins thérapeutiques, n'est certainement pas aussi commune en Occident qu'en Inde. Comment l'avez-vous démocratisée? Et surtout comment avez-vous réussi à convaincre les Occidentaux des bienfaits du massage?Nathalie Poiroux.Pour les Français, par exemple, il y a 16 ans, proposer un massage c'était un peu suspicieux. Cela ne faisait pas du tout partie de nos habitudes culturelles. Cela se faisait soit chez le médecin, soit chez le kiné si c'était pour se faire soigner. Chez l'esthéticienne, c'était plutôt associé à l'idée de caresse. Notre idée était de professionnaliser ce massage avec une vraie expertise scientifique. En proposant des manoeuvres progressivement plus profondes, un rythme et une posture différente de ce qui se faisait déjà.Dr Marda. En Inde, le massage est synonyme de toucher et de réponse du corps à ce toucher. Cela va au delà de la simple détente. L'objectif de chaque geste est d'enclencher une réaction et d'opérer un changement durable tout en améliorant la qualité de vie. Il permet aussi de se recentrer sur soi-même et de se déconnecter du monde, ce qui est essentiel pour lutter contre le stress. Observez-vous une évolution dans ce que recherchent vos clients? Sont-ils prêts à découvrir des soins de plus en plus sophistiqués, qui pourraient peut-être leur paraître un peu étrange même de prime abord?Nathalie Poiroux. Tout à fait! Le public qui fréquente nos spas est de plus en plus aiguisé. Et nos praticiennes aussi ont évolué : elles ont envie de voir et de sentir l'impact de leur toucher au-delà d'une simple démarche esthétique, même si en touchant le corps, on touche aussi au psychisme et c'est donc toute la beauté au sens large qui est révélée par l'ayurvéda. C'est extrêmement gratifiant pour celle qui donne le massage. Cet engagement aussi de notre personnel nous permet d'aller plus loin dans ce que nous proposons. C'est notamment le cas de ce nouveau massage appelé Shirodhara que nous avons adapté avec l'aide de Ghanashyam, " shiro " voulant dire la tête et " dhara " verser l'huile chaude. C'est une technique ancestrale qui permet de se reconnecter à son corps de façon très profonde. C'est un soin idéal pour celui ou celle qui cherche à s'apaiser, à ralentir le rythme intellectuel pour retrouver la vitalité du corps et se connecter justement à cette puissance du vivant par le corps, et pas par la vitalité intellectuelle.Est-ce difficile d'inclure des pratiques de massages simples dans son quotidien?Dr Marda. Il suffit tout au plus d'y consacrer quelques minutes par jour, cela finira par devenir un réflexe, vous n'y réfléchirez pas plus que lorsque vous vous lavez. Commencez par vous masser avec une sélection d'huiles choisies pour leurs bienfaits et prenez ensuite une bonne douche chaude.Quelle est la réaction des médecins occidentaux à l'arrivée de ces nouvelles thérapies?Dr Marda. Les débuts n'ont pas été simples. Mais aujourd'hui, je collabore avec de nombreuses équipes médicales, notamment avec le CHU de Limoges et l'université d'Essen en Allemagne. La valeur scientifique de l'ayurveda est reconnue. Une fois que l'on en comprend le fonctionnement, c'est assez facile à mettre en pratique. De plus en plus de médecins reconnaissent ses bienfaits mais aussi ses limites, ce qui est vrai aussi pour la médecine dite "traditionnelle". Les deux arts sont complémentaires, surtout lorsque l'on sait que l'ayurvéda s'intéresse d'abord et avant tout à votre mode de vie, notamment à votre régime alimentaire. C'est un formidable outil de prévention. Ne dit-on pas d'ailleurs en Asie qu'un bon médecin est celui qui ne doit jamais soigner ses patients?Dr Marda. Absolument! C'est au faible nombre de ses malades que l'on "juge" la qualité d'un médecin ayurvédique. Son rôle est aussi d'instruire et de prévenir autant que possible les maladies.Comment s'initier ici à l'ayurvéda?Dr Marda. Vous pouvez collecter des informations dans des livres et sur internet - tout en restant prudent car beaucoup de ce qu'on y trouve est erroné - mais d'abord, observez-vous. Le plus important, c'est d'apprendre à se connaître soi-même. Si vous vous connaissez, vous pouvez commencer à comprendre les principes de l'ayurvéda. Quel mode de vie vous correspond, d'où viennent vos souffrances? Tout tourne autour de votre expérience personnelle, c'est pour cette raison que ce n'est pas une science exacte au sens où l'entendent les Occidentaux.La nourriture est essentielle dans l'ayurvéda, cela implique-t-il de devoir changer notre alimentation du tout au tout ? Dr Marda. Beaucoup de gens pensent cela... à tord! Il n'est pas nécessaire de s'imposer des changements radicaux. Tout est dans les détails. Par exemple, quand vous mangez de la salade, vous mettez un peu d'huile, de citron ou de sel, de vinaigre balsamique? Et bien cela rentre dans la définition de l'alimentation ayurvédique qui conseille de manger des aliments crus !En somme, nous pratiquons l'ayurvéda sans le savoir !Dr Marda.Oui, c'est ça ! Il n'y a pas d'obligation ni d'interdit: vous pouvez boire un peu de vin, prendre un dessert, mais jamais dans l'exagération. Nul besoin non plus de devenir végétarien. Il faut s'écouter et ne pas répondre à la pression du groupe.Traduction Sophie Brasseur