Cela fait longtemps que les théoriciens du jeu appliquent leurs recherches aux relations humaines. En effet, les stratégies que nous adoptons dans nos relations dans la vie réelle peuvent être en partie expliquées par des modèles informatiques qui prédisent comment tirer le meilleur parti des interactions avec les autres. Ainsi, les théoriciens des jeux ont montré que si deux personnes savent que leur relation sera de courte durée, elles étaient plus susceptibles de tricher. Un peu comme des vacanciers qui savent qu'ils ne reviendront plus jamais à un endroit et qui se permettent de faire des choses d'une grossièreté inouïe.

L'un des théoriciens les plus connus dans ce domaine est John Maynard Smith. Il est à l'origine de la théorie des jeux évolutive. Celle-ci permet de simplifier la terrifiante complexité de l'accouplement pour identifier avec précision le " type " d'une cible. Plus précisément, les biologistes examinent quels types de stratégies relationnelles une espèce développe pour se reproduire. Par exemple, a-t-elle un nombre unique, multiple ou fluide de partenaires ? En réalité, il n'est pas rare que, pour une même espèce, plusieurs stratégies soient appliquées selon les groupes d'individus et que tous connaissent le même succès. Pour comprendre comment c'est possible, il faut se référer au jeu pierre, papier, ciseau. Dans ce jeu, gagner et perdre est cyclique et aucune stratégie n'a davantage à long terme sur les autres. Une stratégie battra ou sera systématiquement battue par l'une des deux autres. Appliquée à l'accouplement, cela signifie que la meilleure stratégie pour la femelle est de choisir au hasard, avec peut-être tout de même une préférence pour celui qui n'est pas actuellement le dominant, mais qui le sera bientôt. Le "under dog", en quelque sorte.

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Walter Scheidel, un historien socio-économique propose lui, selon la BBC, une trichotomie d'accouplement pour les mâles humains en analysant le mariage et les pratiques sexuelles à travers l'histoire. Dans ses travaux, Scheidel a ainsi identifié trois types de stratégies historiques d'accouplement et de fréquentation des hommes hétérosexuels : les hommes qui sont légalement polygames et sexuellement actifs avec plusieurs femmes (le type harem); les hommes qui sont légalement monogames, mais qui sont sexuellement actifs avec d'autres femmes (le type fricoteur); et enfin, les hommes qui sont légalement monogames et sexuellement actifs avec un seul partenaire (le type monogame).

A l'heure actuelle, dans notre société contemporaine et en comparaison avec le règne animal, les humains sont " légèrement polygames ", bien que l'on constate que les trois groupes cités ci-dessus sont stables sur le plan de l'évolution. On notera cependant que la monogamie institutionnelle chez les humains aurait des "effets bénéfiques pour le groupe " puisque cela réduirait l'activité criminelle comme le viol, le meurtre, le vol et la fraude. Les cultures institutionnellement monogames n'empêchent néanmoins nullement qu'un grand nombre d'adultes admettent qu'ils trompent leur partenaire. Dans toutes les cultures, on estime que le nombre de personnes qui trompent leur partenaire au cours d'une vie varie entre 14 % et 75 % (si la fourchette est si large, c'est que la plupart des gens ne répondent pas très honnêtement à ce genre d'enquête).

Et sur les sites de rencontres ?

Les sites de rencontres actuels compliquent la donne, car les motifs qui sous-tendent le comportement de rencontre peuvent être multiples. L'important est donc de choisir le type d'application en fonction de votre type. En effet, savoir quelles arènes récompensent quels types de " joueurs " peut, au minimum, vous aider à choisir votre jeu, et votre stratégie, avec sagesse.

Getty Images/iStockphoto
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Par exemple sur Grindr, les utilisateurs sont moins susceptibles de rechercher la monogamie et auraient donc plus à gagner à se la jouer harem ou fricoteur. Mais quand l'application de rencontre développe ses propres cultures et normes, l'avantage peut aller à celui qui joue une stratégie différente. Par exemple, sur Tinder, où 42 % des utilisateurs seraient de type fricoteur, la stratégie gagnante pourrait être celle de type harem (une mauvaise nouvelle pour ceux qui ne jurent que par la monogamie). On prendra cependant soin de ne pas trop se disperser et de ne pas suivre plus de neuf profils simultanément.

Cela fait longtemps que les théoriciens du jeu appliquent leurs recherches aux relations humaines. En effet, les stratégies que nous adoptons dans nos relations dans la vie réelle peuvent être en partie expliquées par des modèles informatiques qui prédisent comment tirer le meilleur parti des interactions avec les autres. Ainsi, les théoriciens des jeux ont montré que si deux personnes savent que leur relation sera de courte durée, elles étaient plus susceptibles de tricher. Un peu comme des vacanciers qui savent qu'ils ne reviendront plus jamais à un endroit et qui se permettent de faire des choses d'une grossièreté inouïe. L'un des théoriciens les plus connus dans ce domaine est John Maynard Smith. Il est à l'origine de la théorie des jeux évolutive. Celle-ci permet de simplifier la terrifiante complexité de l'accouplement pour identifier avec précision le " type " d'une cible. Plus précisément, les biologistes examinent quels types de stratégies relationnelles une espèce développe pour se reproduire. Par exemple, a-t-elle un nombre unique, multiple ou fluide de partenaires ? En réalité, il n'est pas rare que, pour une même espèce, plusieurs stratégies soient appliquées selon les groupes d'individus et que tous connaissent le même succès. Pour comprendre comment c'est possible, il faut se référer au jeu pierre, papier, ciseau. Dans ce jeu, gagner et perdre est cyclique et aucune stratégie n'a davantage à long terme sur les autres. Une stratégie battra ou sera systématiquement battue par l'une des deux autres. Appliquée à l'accouplement, cela signifie que la meilleure stratégie pour la femelle est de choisir au hasard, avec peut-être tout de même une préférence pour celui qui n'est pas actuellement le dominant, mais qui le sera bientôt. Le "under dog", en quelque sorte. Walter Scheidel, un historien socio-économique propose lui, selon la BBC, une trichotomie d'accouplement pour les mâles humains en analysant le mariage et les pratiques sexuelles à travers l'histoire. Dans ses travaux, Scheidel a ainsi identifié trois types de stratégies historiques d'accouplement et de fréquentation des hommes hétérosexuels : les hommes qui sont légalement polygames et sexuellement actifs avec plusieurs femmes (le type harem); les hommes qui sont légalement monogames, mais qui sont sexuellement actifs avec d'autres femmes (le type fricoteur); et enfin, les hommes qui sont légalement monogames et sexuellement actifs avec un seul partenaire (le type monogame). A l'heure actuelle, dans notre société contemporaine et en comparaison avec le règne animal, les humains sont " légèrement polygames ", bien que l'on constate que les trois groupes cités ci-dessus sont stables sur le plan de l'évolution. On notera cependant que la monogamie institutionnelle chez les humains aurait des "effets bénéfiques pour le groupe " puisque cela réduirait l'activité criminelle comme le viol, le meurtre, le vol et la fraude. Les cultures institutionnellement monogames n'empêchent néanmoins nullement qu'un grand nombre d'adultes admettent qu'ils trompent leur partenaire. Dans toutes les cultures, on estime que le nombre de personnes qui trompent leur partenaire au cours d'une vie varie entre 14 % et 75 % (si la fourchette est si large, c'est que la plupart des gens ne répondent pas très honnêtement à ce genre d'enquête). Les sites de rencontres actuels compliquent la donne, car les motifs qui sous-tendent le comportement de rencontre peuvent être multiples. L'important est donc de choisir le type d'application en fonction de votre type. En effet, savoir quelles arènes récompensent quels types de " joueurs " peut, au minimum, vous aider à choisir votre jeu, et votre stratégie, avec sagesse. Par exemple sur Grindr, les utilisateurs sont moins susceptibles de rechercher la monogamie et auraient donc plus à gagner à se la jouer harem ou fricoteur. Mais quand l'application de rencontre développe ses propres cultures et normes, l'avantage peut aller à celui qui joue une stratégie différente. Par exemple, sur Tinder, où 42 % des utilisateurs seraient de type fricoteur, la stratégie gagnante pourrait être celle de type harem (une mauvaise nouvelle pour ceux qui ne jurent que par la monogamie). On prendra cependant soin de ne pas trop se disperser et de ne pas suivre plus de neuf profils simultanément.