"Les mots structurent nos sentiments. On parle pour tisser un lien, on écrit pour donner une forme à un monde incertain." Telle est la conviction du célèbre neuropsychiatre Boris Cyrulnik, dont la voix douce et posée masque en réalité de terribles blessures. Lors de la Seconde Guerre mondiale, il a frôlé la mort et perdu ses parents. La Libération entraînera une longue réparation, qui lui a donné envie d'apaiser les souffrants. "Tricoter" des récits ou des romans peut renforcer la résilience. Pourquoi tant d'auteurs plongent-ils leur plume dans la douleur? En quoi les mots et les histoires parviennent-ils à cicatriser l'indicible? Quel en est l'impact véritable sur le cerveau, si malléable? Un cheminement fascinant et porteur d'espoir, tant l'inventivité de soi semble illimitée. A condition de la nourrir et de la travailler, avec amour, patience et émerveillement.
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