Les comportements des utilisateurs sont étudiés à la loupe et les différentes options pour les influencer sont testées dans des centaines de magasins. Et ce n'est un secret pour personne, cette montagne de données sert dans certains cas à nous manipuler. Prenons le cas concret d'un supermarché où les "pièges" sont légion et où rien n'est innocent. Par exemple, le fait que l'on retrouve aujourd'hui presque systématiquement les fruits et légumes à l'entrée des supermarchés n'a rien d'un hasard. Comme l'on se sera donné bonne conscience en achetant des produits sains dès le début des courses, on s'autorisera plus facilement à craquer pour des produits "plaisirs" ensuite. Que les personnes qui se sentent flouées ne soient pas trop sévères avec elle-même. Les techniques sont parfois si redoutables que même les individus les plus aguerris se font avoir. En ce qui concerne le supermarché, la seule véritable parade est ainsi de ne pas faire des courses en ayant faim et de faire une liste à la maison en s'y tenant de façon rigoureuse. Sans cela, point de salut. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, faire son shopping en ligne n'est pas plus prudent, car là les astuces sont encore plus poussées à l'extrême et surtout beaucoup plus personnalisées. Certaines offres vont même jusqu'à s'adapter au fait que le client soit impulsif ou au contraire plus prudent.

Si ces techniques sont trop souvent utilisées à mauvais escient, elle peuvent aussi être détournées et adaptées à notre quotidien pour nous aider à contrecarrer nos moins bons penchants, voire même à influencer, de façon bienveillante, nos enfants pour qu'ils obéissent sans s'en rendre compte.

Le nudging pour enfant

Des chercheurs en psychologie de l'UCLouvain sont ainsi parvenus à prouver que les techniques brutales de marketing peuvent aussi promouvoir la consommation de légumes très peu connus comme le salsifis. Ils ont pour se faire utiliser le nudging, soit une méthode d'incitations douces qui consiste à orienter le comportement dans une direction bien précise, mais sans contraintes. Les individus restent libres de choisir quel comportement adopté. Cette manipulation bienveillante peut donc s'avérer utile au sein du cocon familial pour, par exemple, augmenter la consommation de légumes. Mais pas que.

Quatre astuces

Alicia Eaton, hypnothérapeute et praticienne de la programmation neurolinguistique (PNL) affirment ainsi dans son livre que les parents peuvent influencer leurs enfants en changeant simplement la façon de proposer les choses. Sa méthode est basée sur la technique du "langage de persuasion et d'influence" de la PNL, couramment utilisée par les publicitaires et les vendeurs pour nous persuader de faire exactement ce qu'ils veulent.

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En voici quatre aussi simples que redoutables que l'on peut appliquer aux enfants :

>>>On utilise trop souvent un discours négatif basé sur le "ne fait pas ceci ou ne fait pas cela". Pour le convaincre, dites toujours ce que vous voulez que votre enfant fasse, et non ce que vous ne voulez pas.

>>> Créer l'illusion d'un choix. Plutôt que de dire "dépêche-toi de t'habiller", on doit le pousser dans la bonne direction en lui demandant ce qu'il va mettre en premier. Donner une impression de choix peut faire des merveilles dans de nombreux cas, y compris pour les devoirs ou les repas.

>>> Considérer la tâche à accomplir comme un fait accompli, ou en tout cas en donner l'illusion en parlant comme s'il était évident que votre enfant fera ce que vous lui demandez. Par exemple en commençant sa phrase par quand tu ferras ceci,... L'idéal étant même d'ajouter deux présuppositions dans la phrase, surtout pour les devoirs. Par exemple: "Quand tu auras fini ta rédaction, tu verras comme il est facile d'apprendre ces règles d'orthographes.

>>> Dire "merci" avant, plutôt qu'après. Cela fonctionne souvent bien, car les enfants veulent naturellement faire plaisir aux gens, surtout à leurs parents. En plus, une fois qu'ils ont été remerciés, ils se sentent obligés d'accomplir la tâche.

D'autres techniques marketing peuvent aussi facilement être appliqués

L'option débile

C'est ce qu'on appelle aussi parfois le truc Starbucks. Ils ont quatre tailles de gobelets. Un ridiculement petit, un médium, un grand et un demi-seau. Le fait de proposer un format si outrageusement grand fait paraitre plus acceptable le medium et le grand. Ce qui fait que le choix va généralement se partager entre le médium et le grand, alors que spontanément la plupart des clients auraient pris le médium. Cette technique peut tout à fait être appliquée avec les enfants. Par exemple, votre enfant ne veut pas mettre ses chaussures. Plutôt que de le braquer, vous lui proposez de mettre les chaussures noires ou les chaussures bleues ou de faire un truc qu'il déteste. Il est très probable qu'il optera pour l'une des deux paires de chaussures. Aussi simple que magique.

L'illusion d'optique

Si l'enfant ne veut pas manger, on ne doit pas lui donner des petites assiettes, mais bien des grandes. Car dans la grande, la portion qu'ils doivent manger semble directement plus raisonnable. A l'inverse proposer de petit contenant pour les chips et des verres haut et long pour les éventuels sodas. Des chercheurs se sont en effet rendu compte que les enfants qui utilisaient des verres pas trop hauts et larges se versaient 74 % de plus de soda.

L'exagération

Un peu comme les grosses promotions qui n'en sont pas vraiment, vous pouvez, vous aussi, booster votre "offre", avant de la proposer au rabais. En disant d'abord une chose exubérante, votre vraie proposition semblera ensuite très raisonnable.

Bon à savoir

Les techniques marketing marchent également pour vous pousser à faire plus régulièrement du sport. C'est ce qu'on appelle le truc de l'agréable pour du désagréable. Ainsi si vous vous "autorisez" à écouter un audio-livre un peu gênant, mais savoureux, en courant vous aurez, par la force des choses, plus envie d'aller courir. Car en combinant un plaisir coupable à une tâche qui demande un peu d'effort, on se donne l'illusion de ne pas vraiment perdre son temps. Et surtout le second servant d'excuses au premier. Cette technique marche aussi les tâches ménagères.

Les comportements des utilisateurs sont étudiés à la loupe et les différentes options pour les influencer sont testées dans des centaines de magasins. Et ce n'est un secret pour personne, cette montagne de données sert dans certains cas à nous manipuler. Prenons le cas concret d'un supermarché où les "pièges" sont légion et où rien n'est innocent. Par exemple, le fait que l'on retrouve aujourd'hui presque systématiquement les fruits et légumes à l'entrée des supermarchés n'a rien d'un hasard. Comme l'on se sera donné bonne conscience en achetant des produits sains dès le début des courses, on s'autorisera plus facilement à craquer pour des produits "plaisirs" ensuite. Que les personnes qui se sentent flouées ne soient pas trop sévères avec elle-même. Les techniques sont parfois si redoutables que même les individus les plus aguerris se font avoir. En ce qui concerne le supermarché, la seule véritable parade est ainsi de ne pas faire des courses en ayant faim et de faire une liste à la maison en s'y tenant de façon rigoureuse. Sans cela, point de salut. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, faire son shopping en ligne n'est pas plus prudent, car là les astuces sont encore plus poussées à l'extrême et surtout beaucoup plus personnalisées. Certaines offres vont même jusqu'à s'adapter au fait que le client soit impulsif ou au contraire plus prudent. Si ces techniques sont trop souvent utilisées à mauvais escient, elle peuvent aussi être détournées et adaptées à notre quotidien pour nous aider à contrecarrer nos moins bons penchants, voire même à influencer, de façon bienveillante, nos enfants pour qu'ils obéissent sans s'en rendre compte.Des chercheurs en psychologie de l'UCLouvain sont ainsi parvenus à prouver que les techniques brutales de marketing peuvent aussi promouvoir la consommation de légumes très peu connus comme le salsifis. Ils ont pour se faire utiliser le nudging, soit une méthode d'incitations douces qui consiste à orienter le comportement dans une direction bien précise, mais sans contraintes. Les individus restent libres de choisir quel comportement adopté. Cette manipulation bienveillante peut donc s'avérer utile au sein du cocon familial pour, par exemple, augmenter la consommation de légumes. Mais pas que. Alicia Eaton, hypnothérapeute et praticienne de la programmation neurolinguistique (PNL) affirment ainsi dans son livre que les parents peuvent influencer leurs enfants en changeant simplement la façon de proposer les choses. Sa méthode est basée sur la technique du "langage de persuasion et d'influence" de la PNL, couramment utilisée par les publicitaires et les vendeurs pour nous persuader de faire exactement ce qu'ils veulent. En voici quatre aussi simples que redoutables que l'on peut appliquer aux enfants : >>>On utilise trop souvent un discours négatif basé sur le "ne fait pas ceci ou ne fait pas cela". Pour le convaincre, dites toujours ce que vous voulez que votre enfant fasse, et non ce que vous ne voulez pas. >>> Créer l'illusion d'un choix. Plutôt que de dire "dépêche-toi de t'habiller", on doit le pousser dans la bonne direction en lui demandant ce qu'il va mettre en premier. Donner une impression de choix peut faire des merveilles dans de nombreux cas, y compris pour les devoirs ou les repas. >>> Considérer la tâche à accomplir comme un fait accompli, ou en tout cas en donner l'illusion en parlant comme s'il était évident que votre enfant fera ce que vous lui demandez. Par exemple en commençant sa phrase par quand tu ferras ceci,... L'idéal étant même d'ajouter deux présuppositions dans la phrase, surtout pour les devoirs. Par exemple: "Quand tu auras fini ta rédaction, tu verras comme il est facile d'apprendre ces règles d'orthographes. >>> Dire "merci" avant, plutôt qu'après. Cela fonctionne souvent bien, car les enfants veulent naturellement faire plaisir aux gens, surtout à leurs parents. En plus, une fois qu'ils ont été remerciés, ils se sentent obligés d'accomplir la tâche. L'option débile C'est ce qu'on appelle aussi parfois le truc Starbucks. Ils ont quatre tailles de gobelets. Un ridiculement petit, un médium, un grand et un demi-seau. Le fait de proposer un format si outrageusement grand fait paraitre plus acceptable le medium et le grand. Ce qui fait que le choix va généralement se partager entre le médium et le grand, alors que spontanément la plupart des clients auraient pris le médium. Cette technique peut tout à fait être appliquée avec les enfants. Par exemple, votre enfant ne veut pas mettre ses chaussures. Plutôt que de le braquer, vous lui proposez de mettre les chaussures noires ou les chaussures bleues ou de faire un truc qu'il déteste. Il est très probable qu'il optera pour l'une des deux paires de chaussures. Aussi simple que magique. L'illusion d'optique Si l'enfant ne veut pas manger, on ne doit pas lui donner des petites assiettes, mais bien des grandes. Car dans la grande, la portion qu'ils doivent manger semble directement plus raisonnable. A l'inverse proposer de petit contenant pour les chips et des verres haut et long pour les éventuels sodas. Des chercheurs se sont en effet rendu compte que les enfants qui utilisaient des verres pas trop hauts et larges se versaient 74 % de plus de soda.L'exagération Un peu comme les grosses promotions qui n'en sont pas vraiment, vous pouvez, vous aussi, booster votre "offre", avant de la proposer au rabais. En disant d'abord une chose exubérante, votre vraie proposition semblera ensuite très raisonnable.