C'est un de ces lieux lookés comme il faut pour répondre aux standards de la "start-up nation" si chère au président français Emmanuel Macron. Inaugurée il y a deux ans, Station F se targue d'être à ce jour le plus grand incubateur de business au monde, avec pas moins de 1.000 micro boîtes en devenir implantées sur ses 34.000 m². N'entrent ici que les élus de la nouvelle économie, cooptés par leurs pairs et parfois couvés par des poids lourds du monde des affaires en quête d'idées nouvelles. Comme LVMH, Facebook ou Microsoft, le groupe L'Oréal a été l'un des premiers à installer ici un hub dédié à ce que l'industrie cosmétique qualifie désormais de "beauty-tech". "Nous sommes convaincus que nous n'écrirons pas tout seuls le futur de la beauté", justifie Camille Kroely, directrice Services Digitaux & Innovation de L'Oréal (lire encadré ci-dessous). Dans la promotion 2019 installée dans la "zone create" de cet ancien hangar de la SNCF, se retrouvent, pêle-mêle, une marque de produits de soins naturels et végans à base de banane de Martinique, un éco-frigo pour cosmétiques frais et un service de création en ligne de parfums personnalisés, basé sur l'intelligence artificielle et le machine learning. Un ovni pour ce pilier de la beauté que l'on croyait imperméable à ce type de technologie. "La mode, le maquillage, le soin, la nourriture, tout a été révolutionné par le digital, assure Maxime Garcia-Janin, l'ambitieux fondateur de Sillages Paris, une start-up qui permet de créer son propre jus en ligne. L'univers du parfum, lui, n'a pas évolué depuis quarante ans. La génération des Millennials s'est peu à peu détournée des fragrances, ce que démontrent les chiffres de vente qui sont depuis plusieurs années en décroissance. Il était temps que le parfum s'adapte enfin aux nouvelles habitudes de consommation." Et aux besoins croissants de personnalisation (lire encadré).
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