Elles s'appellent Emma Watson, Petra Collins, Miley Cirus, Adèle Labo, Laura Jackson ou Noémie Renard. Certaines d'entre elles sont plus connues que d'autres mais elles ont toutes choisi à leur manière de s'indigner contre la dictature de l'épilation qui chasse toute trace de poils féminins de l'espace public. Dans un monde en pleine absurdie, même les publicités pour rasoirs et autres crèmes dépilatoires, à l'inverse des campagnes mettant en scène des produits pour homme, se refusent à montrer le moindre poil sur leurs images. Cette absence de toute trace de pilosité sur le corps des femmes entretient le dégoût et profite à toute une industrie qui pèse bon an mal an plus d'un milliard d'euro.
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Elles s'appellent Emma Watson, Petra Collins, Miley Cirus, Adèle Labo, Laura Jackson ou Noémie Renard. Certaines d'entre elles sont plus connues que d'autres mais elles ont toutes choisi à leur manière de s'indigner contre la dictature de l'épilation qui chasse toute trace de poils féminins de l'espace public. Dans un monde en pleine absurdie, même les publicités pour rasoirs et autres crèmes dépilatoires, à l'inverse des campagnes mettant en scène des produits pour homme, se refusent à montrer le moindre poil sur leurs images. Cette absence de toute trace de pilosité sur le corps des femmes entretient le dégoût et profite à toute une industrie qui pèse bon an mal an plus d'un milliard d'euro. Aujourd'hui, plus de 85% des femmes avouent s'épiler régulièrement, des habitudes prises dès l'adolescence et bien souvent acquises sans trop se poser de question. S'il s'agit principalement des jambes et des aisselles, plus d'un quart des femmes s'épilerait également le pubis, un chiffre qui passe à une femme sur deux pour les 18-25 ans. Celles-ci optent plutôt pour l'épilation intégrale, les 26-35 ans préférant la version "ticket de métro" et les plus de 35 ans le triangle du maillot "classique". Une tendance qui s'explique notamment par les standards "esthétiques" imposés par la pornographie désormais accessible en ligne, les poils représentant un "obstacle visuel" entre le sexe et la caméra... Il semble toutefois que la résistance s'organise. En marge des people qui n'hésitent pas à mettre leur notoriété au service de la cause, des jeunes femmes jusqu'alors inconnues s'emparent des réseaux sociaux pour plaider le droit au choix de s'épiler... ou pas. Etudiante en arts plastiques, Adèle Labo est à l'origine du hashtag #LesPrincessesOntDesPoils sur Twitter pour encourager les femmes à se sentir à l'aise avec leur pilosité et à le montrer.En janvier dernier, la Britannique Laura Jackson a lancé le concept de "JanuHairy", soit l'idée de profiter du mois de janvier - les corps sont généralement plus couverts ce qui limite le jugement social... - pour encourager les femmes à ne plus se raser, au moins pendant ces quatre semaines, afin de réapprendre à aimer leur pilosité naturelle. Un réel "effort" pour beaucoup de femmes conditionnées à ne plus supporter le moindre poil. Le but de la manoeuvre n'étant pas tant de ne plus jamais s'épiler mais de choisir de le faire quand bon leur semble. Surtout de décider de le faire parce qu'elles le veulent elles et non plus pour se conformer à un diktat publicitaire ou au désir d'un petit ami lui aussi conditionné par des critères esthétiques souvent discutables. Noémie Renard, fondatrice du collectif Liberté, Pilosité, Sororité a déjà recueilli derrière le hashag #1ereFoisEpilation plus de 6000 témoignages de femmes souvent forcées par la pression sociale à se débarrasser de leur pilosité naturelle. Des gestes qui ont un coût, prennent du temps et alourdissent inutilement la charge mentale des femmes. Preuve que ce discours est de moins en moins marginal, des marques spécialisées dans les produits dépilatoires commencent elles aussi a se détourner du "marketing de la honte" visant avant tout à culpabiliser les femmes pour les inciter à consommer. C'est notamment le cas de Fur - le mot signifie fourrure ou toison en anglais -, la marque new-yorkaise dont le produit culte n'est autre qu'une huile dédiée à toutes les parties du corps où se rejoignent les poils et la peau: poils pubiens, aisselles, moustache, poils de jambes qu'elle adoucit tout en prévenant la repousse des poils incarnés. Cette huile 100% végétalienne et végane est l'un des produits favoris de l'actrice Emma Watson. Dans le même ordre d'idées, la marque de rasoirs Billie s'est illustrée par une campagne montrant des femmes réellement en train de se raser. La start up qui vend ses produits en ligne - un système d'abonnement permet de recevoir des recharges de lame en quantité définie par sa fréquence de "rasage" - a également lancé le hashtag #ProjectBodyHair encourageant la présence de poils féminins sur la Toile. Toutes celles qui le souhaitent peuvent uploader leurs photos sur le site afin qu'elles soient partagées et diffusées le plus largement possible.