Les températures ont surpris la célèbre Maison de champagne, qui a investi récemment ce coin du sud de l'Angleterre pour y développer des vins effervescents. Intriguée par le développement rapide de la viticulture en Angleterre, Vranken-Pommery a tenté l'aventure anglaise après un "coup de coeur" pour cette colline du Hampshire au sous-sol crayeux. Quinze hectares de chardonnay, pinot noir et pinot meunier, les trois cépages typiques champenois, y ont été plantés l'an dernier. S'y ajouteront bientôt vingt-cinq autres hectares.

La Grande-Bretagne a enregistré des températures bien au-dessus des moyennes saisonnières une bonne partie de l'été et un déficit de pluie, a souligné l'office de météorologie britannique, qui s'attend à ce que le thermomètre grimpe encore au cours des prochaines décennies. "Plus nous aurons d'années comme ça et plus nous aurons de style" en matière de vins, se réjouit M. Bowerman.

Pour le ministre britannique chargé de l'Environnement, Michael Gove, le changement climatique est "une opportunité". Le vin effervescent anglais offrira "bientôt encore plus de plaisir aux amateurs britanniques que les champagnes français", prédit-il.

Si la production de vins effervescents n'est pas nouvelle en Angleterre, le nombre d'hectares plantés a augmenté de 150% ces dix dernières années. Avec quatre millions de bouteilles, ils représentent 68% des vins produits sur le sol britannique en 2017. Une part qui devrait grimper car le pinot noir, le pinot meunier et le chardonnay constituent 71,2% des cépages plantés. Une étude scientifique a ainsi récemment identifié 34.800 hectares de terres en Angleterre et au Pays de Galles considérées comme propices à la culture de la vigne en raison de "saisons plus chaudes", comme dans l'Essex ou dans le Suffolk.