A l'origine de ce mouvement, l'appel d'un chef près de Besançon (est de la France), qui avait annoncé début janvier son intention de rouvrir le 1er février, engageant ses collègues à l'imiter. "On veut engager un dialogue avec l'Etat, c'est pas en fermant tout qu'on va combattre cette pandémie", a déclaré Stéphane Turillon à l'AFP en accueillant, lundi, hors de son restaurant, une centaine de clients masqués sous des tentes installées à proximité de son établissement.

Aux quatre coins de la France, d'autres restaurants l'ont imité, comme à Ligescourt (nord) où Kathia Boucher servait de la tartiflette accompagnée de salade dans sa brasserie à des clients assis "en quinconce" pour respecter la distanciation physique.

En Corse, dans le centre d'Ajaccio, Nathalie Vicens a de son côté fait une "ouverture symbolique" pour une demi-douzaine d'amis, qui ne paieront pas leur déjeuner indien. Elle espère "faire réfléchir un petit peu nos pouvoirs publics pour trouver une autre solution que la fermeture complète et totale des salles"."J'appelle ça de la désobéissance civile: il y a des moments où il en faut et il n'y en a pas assez", estime une convive souhaitant rester anonyme.

"Faire réfléchir un petit peu nos pouvoirs publics pour trouver une autre solution que la fermeture complète et totale des salles"

Stéphane Turillon face aux gendarmes, AFP
Stéphane Turillon face aux gendarmes © AFP

Les restaurants sont fermés depuis le 30 octobre en France, seulement autorisés à livrer ou à vendre à emporter, et le gouvernement ne prévoit pas de réouverture avant mi-février au plus tôt.

Menaces "ridicules"

Lundi, le ministre de l'Economie Bruno le Maire avait prévenu que les restaurants clandestins qui servent des clients à table seront privés d'aides publiques "pendant un mois".

Jugeant ces menaces "ridicules", Yannick Moulin, 41 ans, patron d'un restaurant à Lyon (est), a ouvert - très discrètement, en sous-sol - par "solidarité" envers "des amis, des habitués". "J'ai des crédits à payer, un loyer de 5.000 euros par mois: les 10.000 euros du fonds de solidarité, ça ne suffit pas."

D'autres restaurants avaient déjà décidé d'ouvrir clandestinement ces derniers jours en signe de protestation, comme à Nice sur la Côte d'Azur (sud-est), où un établissement a servi une centaine de personnes le 27 janvier dernier.

A Paris, un total de 24 restaurants clandestins ont été découverts jeudi et vendredi et vont faire l'objet d'une fermeture administrative de 15 jours, d'après la préfecture de police de la capitale.

"C'est extrêmement dur pour les restaurateurs, moralement et économiquement", a reconnu Bruno Le Maire sur RTL, mais "ça ne justifie en rien de ne pas respecter les règles, qui sont des règles sanitaires".

Il s'agit de "quelques cas isolés en France", mais "je ne veux pas que ça se répande, que ça devienne soit une habitude, soit une façon de braver l'interdit", a dit le ministre, ajoutant que "ce n'est pas un interdit, mais une règle collective pour garantir la santé de tous".

Bistrots parisiens, en janvier 2021, fermés mais..., AFP
Bistrots parisiens, en janvier 2021, fermés mais... © AFP

Le fonds de solidarité, dont les contrevenants seraient privés définitivement en cas de récidive, est une aide publique pour les entreprises faisant l'objet d'une fermeture administrative. Il s'élève à 10.000 euros par mois ou une indemnisation de 20% du chiffre d'affaires 2019, dans la limite de 200.000 euros par mois.

La France alterne depuis fin octobre entre couvre-feu et confinement, selon l'analyse de la propagation du virus, de la saturation des hôpitaux, des nécessités économiques et sociales. Le régime actuel, en vigueur depuis mi-janvier, est celui d'un couvre-feu à 18h sur tout le territoire.

A l'origine de ce mouvement, l'appel d'un chef près de Besançon (est de la France), qui avait annoncé début janvier son intention de rouvrir le 1er février, engageant ses collègues à l'imiter. "On veut engager un dialogue avec l'Etat, c'est pas en fermant tout qu'on va combattre cette pandémie", a déclaré Stéphane Turillon à l'AFP en accueillant, lundi, hors de son restaurant, une centaine de clients masqués sous des tentes installées à proximité de son établissement. Aux quatre coins de la France, d'autres restaurants l'ont imité, comme à Ligescourt (nord) où Kathia Boucher servait de la tartiflette accompagnée de salade dans sa brasserie à des clients assis "en quinconce" pour respecter la distanciation physique.En Corse, dans le centre d'Ajaccio, Nathalie Vicens a de son côté fait une "ouverture symbolique" pour une demi-douzaine d'amis, qui ne paieront pas leur déjeuner indien. Elle espère "faire réfléchir un petit peu nos pouvoirs publics pour trouver une autre solution que la fermeture complète et totale des salles"."J'appelle ça de la désobéissance civile: il y a des moments où il en faut et il n'y en a pas assez", estime une convive souhaitant rester anonyme.Les restaurants sont fermés depuis le 30 octobre en France, seulement autorisés à livrer ou à vendre à emporter, et le gouvernement ne prévoit pas de réouverture avant mi-février au plus tôt.Lundi, le ministre de l'Economie Bruno le Maire avait prévenu que les restaurants clandestins qui servent des clients à table seront privés d'aides publiques "pendant un mois".Jugeant ces menaces "ridicules", Yannick Moulin, 41 ans, patron d'un restaurant à Lyon (est), a ouvert - très discrètement, en sous-sol - par "solidarité" envers "des amis, des habitués". "J'ai des crédits à payer, un loyer de 5.000 euros par mois: les 10.000 euros du fonds de solidarité, ça ne suffit pas."D'autres restaurants avaient déjà décidé d'ouvrir clandestinement ces derniers jours en signe de protestation, comme à Nice sur la Côte d'Azur (sud-est), où un établissement a servi une centaine de personnes le 27 janvier dernier. A Paris, un total de 24 restaurants clandestins ont été découverts jeudi et vendredi et vont faire l'objet d'une fermeture administrative de 15 jours, d'après la préfecture de police de la capitale."C'est extrêmement dur pour les restaurateurs, moralement et économiquement", a reconnu Bruno Le Maire sur RTL, mais "ça ne justifie en rien de ne pas respecter les règles, qui sont des règles sanitaires". Il s'agit de "quelques cas isolés en France", mais "je ne veux pas que ça se répande, que ça devienne soit une habitude, soit une façon de braver l'interdit", a dit le ministre, ajoutant que "ce n'est pas un interdit, mais une règle collective pour garantir la santé de tous".Le fonds de solidarité, dont les contrevenants seraient privés définitivement en cas de récidive, est une aide publique pour les entreprises faisant l'objet d'une fermeture administrative. Il s'élève à 10.000 euros par mois ou une indemnisation de 20% du chiffre d'affaires 2019, dans la limite de 200.000 euros par mois.La France alterne depuis fin octobre entre couvre-feu et confinement, selon l'analyse de la propagation du virus, de la saturation des hôpitaux, des nécessités économiques et sociales. Le régime actuel, en vigueur depuis mi-janvier, est celui d'un couvre-feu à 18h sur tout le territoire.