Hier, parmi 11 projets en lice pour cette 9e édition de greenlab.brussels, qui vise à mettre la lumière et soutenir des projets d'entreprises alliant innovation et respect de l'environnement, trois sont sortis du lot. Beanlife et ses tempeh à base de protéines végétales (Prix greenlab.brussels), Natura Mater, axé sur la commercialisation de matériaux de construction respectueux de l'environnement (Prix Triodos Sustainable Impact Awards). Et enfin, la boulangerie -brasserie Janine, qui a reçu le Prix du Public. C'est à cet quatuor à l'initative de cette valeureuse entreprise en devenir que nous avons posé quelques questions, au lendemain de l'annonce de cette récompense, dans lequel on se prend à voir un futur succès.

Tout d'abord, votre sentiment : le Prix du public, n'est-ce pas le prix le plus cool ?

Oh oui, il est cool ce prix parce qu'on a vraiment l'impression d'avoir été suivi, compris et qu'il valide complètement notre concept. Ça plait et ça plaira. D'autant que sur les 3000 votes du public, on a obtenu -/+ un quart des votes.

Alors, parlez-nous de votre projet : c'est "quoi" au juste Janine pour vous?

Janine c'est d'abord le prénom de notre grand-mère, et pour nous ça représente d'abord des souvenirs, de bonne nourriture, de convivialité, de générosité, de bonnes odeurs, des souvenirs d'enfance qui nous reviennent que qu'on aimerait refléter dans notre boulangerie brasserie. On aimerait que les gens se sentent comme à la maison quand ils viennent.

Morane, Carole, Bertand et Maxime., DR
Morane, Carole, Bertand et Maxime. © DR

Janine c'est aussi notre équipe, familiale, avec Max, Morane, Carole et moi (Bertrand). Et enfin, Janine c'est notre engagement pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Pas forcément à travers ce nom, mais l'idée. On partage la croyance qu'à un niveau local, d'une entreprise notamment, on peut aussi être militant, et voir plus large que le seul chiffre d'affaires et de la rentabilité. Ce qui nous intéresse, nous, via l'entreprenariat et ce projet, ce n'est pas juste faire du chiffre. Selon nous, la politique n'est pas l'apanage du secteur public. Les acteurs privés, les entrepreneurs, défendent une certaine vision du monde, et défendent certaines idées, qui sont reflétés à travers leur manière de gérer, les produits qu'ils proposent, etc. Et c'est clairement un engagement et des convictions qui ont provoqué le déclic chez nous quatre, au point de nous amener à quitter des jobs plutôt tranquilles à prendre des risques pour monter ce projet.

Maintenant que vous avez reçu ce Prix du Public greenlab.brussels, quelles sont les prochaines étapes pour mener à terme votre projet ?

D'abord ce prix nous offre un stand au cours du Bucolic Brussels Festival au Parc Royal, en septembre, organisé à l'occasion de la Journée sans voiture dans la capitale. Ce sera un moment important pour nous puisqu'il représentera notre première rencontre entre le public et nos produits.

Avant cela, d'ici la semaine prochaine, on postule à l'appel à projets de BeCircular, pour tenter d'obtenir un subside de cet organisme qui promeut les projets qui travaillent en économie circulaire. Ensuite, le mois prochain, on crée la société. Mais déjà, on commence à chercher un lieu de 500 m2 minimum - en partenariat avec la coopérative de microbrasserie dont Janine fait partie-, qui abritera et l'atelier-boutique de la boulangerie, et les brasseries c'est à dire une salle de brassage et une taproom partagée pour déguster les différentes productions. Pour que le projet soit viable, il nous faut trouver un endroit de passage, où il y a de la demande, pour assurer une clientèle à la boulangerie d'abord. Idéalement on aimerait s'installer à Ixelles, Saint-Gilles, Forest, Schaerbeek ou 1000 Bruxelles. On a déjà plusieurs visites de programmées, et on va multiplier les visites. Le timing n'a pas vraiment été en notre faveur, avec la crise, pendant deux ou trois mois on n'a pas avancer sur la visite de lieux, mais là ça va s'accélérer dans les moins qui arrivent.

Et une fois le lieu trouvé, vous y produirez quoi, chez Janine ?

En boulangerie, on proposera une carte réduite, pour se concentrer sur la qualité. Il y aura environ six ou sept pains de la viennoiserie et des snacking. L'idée reste que ce soit généreux et à partager : un pain avec de la drèche, un pain à l'épeautre, une baguette de tradition, classique, des pain aux graines pour le petit déjeuner, des gros pains vendus à la coupe, des pains à la levure de bière, des pains nutritifs.

., DR
. © DR

Pour ce qui est de la brasserie, Morane, la brasseuse, a constitué une gamme régulière de cinq bières, toutes brassées au pain, et dont les noms font références aux créateurs (la Bébère, la Bob Morane, la Carakole, la Ladou et la cinquième pour François, le troisième frère qui a dessiné les étiquettes). Une blonde, une blanche, une au seigle et poivre de Sichuan, une Porter aux noisettes et une NEIPA, IPA très trouble qui pourrait faire penser à un jus de fruit, et qui ici sera plus tournée vers le jus d'ananas.

Pour tout ça, on commence déjà à rencontrer des fournisseurs. Hier on était chez Flitermolen avec qui on travaillera sans doute bientôt. Ils ont été dévalisé pendant le confinement, notamment par les particuliers. Ce qui plutôt positif pour nous puisqu'on se dit que pendant cette période, les gens ont sans doute pris conscience ô combien il est compliqué de faire du bon pain, que c'est un vrai savoir-faire. Exactement ce que l'on va proposer.

par François Delubac

Geplaatst door Janine Boulangerie-Brasserie op Zaterdag 23 mei 2020

Flietermolen illustre bien le type de fournisseurs avec qui on veut travailler : c'est une minoterie bio, située à 30 km de Bruxelles, qui travaille avec une dizaine d'agriculteurs dans un périmètre restreint à 70 km, qui cherche un prix juste pour rémunérer les producteurs correctement. On partage vraiment ce genre de valeurs. Demain quand on ouvrira, on veut faire preuve d'une transparence totale vis-à-vis des clients. On veut pouvoir leur montrer qui a cultivé le blé, quel est le moulin. C'est donc ce genre de partenariat qu'on veut développer, des associations sur le long terme avec nos fournisseurs, et les producteurs. Parce qu'au final, la boulangerie constituera le dernier maillon de cette chaîne. Sur un projet comme celui-ci, il existe plein d'autres acteurs qu'il faut mettre en avant, ce que l'on compte bien faire. Pour les différents pains, on va travailler avec différentes farines, provenant de différents moulins. Mais tous dans cet esprit local.

Pour ce qui est de la bière, notamment le malt, l'objectif le plus local possible plus difficile avec le houblon qui est dépendant du terroir, comme le vin. En fonction du terroir les arômes diffèrent. Donc c'est plus difficile de ne travailler que localement. Mais ça reste à creuser.

La drèche proviendra de notre brasserie et des autres microbrasseries de la coopérative, d'où l'intérêt d'être sur le même site, pour éviter du transport.

Notre objectif est de tendre au maximum vers le zéro déchet. Par exemple, la drèche ne pourra pas être absorbée par nos seuls pains. On va donc mettre en place des partenariats avec les maraîchers urbains, qui sont eux demandeurs de cette drèche et qui nous permettraient d'écouler toute cette matière, qui est encore actuellement jeter par les microbrasseries.

Des modèles, des inspirations ?

Pour ce qui est de nos inspirations, On n'a donc pas vraiment de "modèles" vu que ce qu'on va créer n'existe pas vraiment. Mais il est évident que certains brasseurs et boulangers vont devenir des amis. Par exemple, on est déjà en contact avec Hopla Geiss, Charly, La Boule, mais pas question de se mettre en concurrence, mais plus dans une logique de partage et de solidarité dans la lutte contre l'ogre industriel. L'idée est de créer un réseau et tous ensemble, lutter contre ça.

Au niveau bières, on ne va pas non plus se présenter comme la brasserie du millénaire, mais modestement, on sera la seule brasserie qui produira toute ses bières à base de pain - BBP en produit actuellement une mais ce n'est pas son core business. On sent une certaine solidarité entre tous ces acteurs, autant au niveau brasseries que boulangeries. On va apprendre à se connaître et essayer de créer un réseau.

Hier, parmi 11 projets en lice pour cette 9e édition de greenlab.brussels, qui vise à mettre la lumière et soutenir des projets d'entreprises alliant innovation et respect de l'environnement, trois sont sortis du lot. Beanlife et ses tempeh à base de protéines végétales (Prix greenlab.brussels), Natura Mater, axé sur la commercialisation de matériaux de construction respectueux de l'environnement (Prix Triodos Sustainable Impact Awards). Et enfin, la boulangerie -brasserie Janine, qui a reçu le Prix du Public. C'est à cet quatuor à l'initative de cette valeureuse entreprise en devenir que nous avons posé quelques questions, au lendemain de l'annonce de cette récompense, dans lequel on se prend à voir un futur succès. Oh oui, il est cool ce prix parce qu'on a vraiment l'impression d'avoir été suivi, compris et qu'il valide complètement notre concept. Ça plait et ça plaira. D'autant que sur les 3000 votes du public, on a obtenu -/+ un quart des votes. Janine c'est d'abord le prénom de notre grand-mère, et pour nous ça représente d'abord des souvenirs, de bonne nourriture, de convivialité, de générosité, de bonnes odeurs, des souvenirs d'enfance qui nous reviennent que qu'on aimerait refléter dans notre boulangerie brasserie. On aimerait que les gens se sentent comme à la maison quand ils viennent. Janine c'est aussi notre équipe, familiale, avec Max, Morane, Carole et moi (Bertrand). Et enfin, Janine c'est notre engagement pour lutter contre le gaspillage alimentaire. Pas forcément à travers ce nom, mais l'idée. On partage la croyance qu'à un niveau local, d'une entreprise notamment, on peut aussi être militant, et voir plus large que le seul chiffre d'affaires et de la rentabilité. Ce qui nous intéresse, nous, via l'entreprenariat et ce projet, ce n'est pas juste faire du chiffre. Selon nous, la politique n'est pas l'apanage du secteur public. Les acteurs privés, les entrepreneurs, défendent une certaine vision du monde, et défendent certaines idées, qui sont reflétés à travers leur manière de gérer, les produits qu'ils proposent, etc. Et c'est clairement un engagement et des convictions qui ont provoqué le déclic chez nous quatre, au point de nous amener à quitter des jobs plutôt tranquilles à prendre des risques pour monter ce projet. D'abord ce prix nous offre un stand au cours du Bucolic Brussels Festival au Parc Royal, en septembre, organisé à l'occasion de la Journée sans voiture dans la capitale. Ce sera un moment important pour nous puisqu'il représentera notre première rencontre entre le public et nos produits. Avant cela, d'ici la semaine prochaine, on postule à l'appel à projets de BeCircular, pour tenter d'obtenir un subside de cet organisme qui promeut les projets qui travaillent en économie circulaire. Ensuite, le mois prochain, on crée la société. Mais déjà, on commence à chercher un lieu de 500 m2 minimum - en partenariat avec la coopérative de microbrasserie dont Janine fait partie-, qui abritera et l'atelier-boutique de la boulangerie, et les brasseries c'est à dire une salle de brassage et une taproom partagée pour déguster les différentes productions. Pour que le projet soit viable, il nous faut trouver un endroit de passage, où il y a de la demande, pour assurer une clientèle à la boulangerie d'abord. Idéalement on aimerait s'installer à Ixelles, Saint-Gilles, Forest, Schaerbeek ou 1000 Bruxelles. On a déjà plusieurs visites de programmées, et on va multiplier les visites. Le timing n'a pas vraiment été en notre faveur, avec la crise, pendant deux ou trois mois on n'a pas avancer sur la visite de lieux, mais là ça va s'accélérer dans les moins qui arrivent. En boulangerie, on proposera une carte réduite, pour se concentrer sur la qualité. Il y aura environ six ou sept pains de la viennoiserie et des snacking. L'idée reste que ce soit généreux et à partager : un pain avec de la drèche, un pain à l'épeautre, une baguette de tradition, classique, des pain aux graines pour le petit déjeuner, des gros pains vendus à la coupe, des pains à la levure de bière, des pains nutritifs. Pour ce qui est de la brasserie, Morane, la brasseuse, a constitué une gamme régulière de cinq bières, toutes brassées au pain, et dont les noms font références aux créateurs (la Bébère, la Bob Morane, la Carakole, la Ladou et la cinquième pour François, le troisième frère qui a dessiné les étiquettes). Une blonde, une blanche, une au seigle et poivre de Sichuan, une Porter aux noisettes et une NEIPA, IPA très trouble qui pourrait faire penser à un jus de fruit, et qui ici sera plus tournée vers le jus d'ananas. Pour tout ça, on commence déjà à rencontrer des fournisseurs. Hier on était chez Flitermolen avec qui on travaillera sans doute bientôt. Ils ont été dévalisé pendant le confinement, notamment par les particuliers. Ce qui plutôt positif pour nous puisqu'on se dit que pendant cette période, les gens ont sans doute pris conscience ô combien il est compliqué de faire du bon pain, que c'est un vrai savoir-faire. Exactement ce que l'on va proposer. Flietermolen illustre bien le type de fournisseurs avec qui on veut travailler : c'est une minoterie bio, située à 30 km de Bruxelles, qui travaille avec une dizaine d'agriculteurs dans un périmètre restreint à 70 km, qui cherche un prix juste pour rémunérer les producteurs correctement. On partage vraiment ce genre de valeurs. Demain quand on ouvrira, on veut faire preuve d'une transparence totale vis-à-vis des clients. On veut pouvoir leur montrer qui a cultivé le blé, quel est le moulin. C'est donc ce genre de partenariat qu'on veut développer, des associations sur le long terme avec nos fournisseurs, et les producteurs. Parce qu'au final, la boulangerie constituera le dernier maillon de cette chaîne. Sur un projet comme celui-ci, il existe plein d'autres acteurs qu'il faut mettre en avant, ce que l'on compte bien faire. Pour les différents pains, on va travailler avec différentes farines, provenant de différents moulins. Mais tous dans cet esprit local.Pour ce qui est de la bière, notamment le malt, l'objectif le plus local possible plus difficile avec le houblon qui est dépendant du terroir, comme le vin. En fonction du terroir les arômes diffèrent. Donc c'est plus difficile de ne travailler que localement. Mais ça reste à creuser. La drèche proviendra de notre brasserie et des autres microbrasseries de la coopérative, d'où l'intérêt d'être sur le même site, pour éviter du transport. Notre objectif est de tendre au maximum vers le zéro déchet. Par exemple, la drèche ne pourra pas être absorbée par nos seuls pains. On va donc mettre en place des partenariats avec les maraîchers urbains, qui sont eux demandeurs de cette drèche et qui nous permettraient d'écouler toute cette matière, qui est encore actuellement jeter par les microbrasseries.Pour ce qui est de nos inspirations, On n'a donc pas vraiment de "modèles" vu que ce qu'on va créer n'existe pas vraiment. Mais il est évident que certains brasseurs et boulangers vont devenir des amis. Par exemple, on est déjà en contact avec Hopla Geiss, Charly, La Boule, mais pas question de se mettre en concurrence, mais plus dans une logique de partage et de solidarité dans la lutte contre l'ogre industriel. L'idée est de créer un réseau et tous ensemble, lutter contre ça. Au niveau bières, on ne va pas non plus se présenter comme la brasserie du millénaire, mais modestement, on sera la seule brasserie qui produira toute ses bières à base de pain - BBP en produit actuellement une mais ce n'est pas son core business. On sent une certaine solidarité entre tous ces acteurs, autant au niveau brasseries que boulangeries. On va apprendre à se connaître et essayer de créer un réseau.