Le Maroc, la Hongrie, les Etats-Unis, l'Argentine, la Norvège, le Chili, l'Islande, le Brésil, le Canada, l'Italie, le Royaume-uni et le Danemark cuisineront le mardi tandis que la Finlande, la France, Singapour, la Chine, la Belgique, la Thaïlande, la Tunisie, le Japon, le Suisse, le Suède, l'Australie et la Corée du Sud travailleront le mercredi.

L'équipe noir-jaune-rouge sera donc la cinquième à présenter ses créations mercredi devant le jury international du Bocuse d'Or. Lode De Roover officie au restaurant "Fleur de Lin" à Zele (Flandre orientale). Le chef a remporté la finale belge du concours culinaire en novembre 2017 et la compétition au niveau européen en juin dernier. "C'est un énorme honneur mais c'est maintenant que l'histoire commence", avait-il alors réagi. Avec son commis Piet Vande Casteele, il s'entraine depuis l'automne 2017. Ils perfectionnent et affinent leurs plats depuis, soutenus par leur coach Jo Nelissen (qui a succédé à Peter Goossens du "Hof Van Cleve"***). Nick Bril ("Jane"**), Viky Geunes ("'t Zilte"**) et Olivier de Vinck ("Kommilfoo"*) sont même récemment venus découvrir et déguster leurs créations en vue du jour J. "Ils ont approuvé", a confié l'équipe sur sa page Facebook.

Paul Bocuse © Reuters

Pour cette édition anniversaire, puisque l'événement fête ses 30 ans, les organisateurs ont décidé d'opérer un "retour aux fondamentaux", en hommage à son fondateur le chef multi-étoilé Paul Bocuse, décédé le 20 janvier 2018, mais également à Joël Robuchon qui s'est éteint en août dernier. Ce dernier fut le premier président d'honneur du concours.

Les pays-candidats doivent ainsi préparer deux créations en 5h35 d'épreuve. Ils présenteront en entrée (sur quatorze assiettes) deux chartreuses, composées à 50% de produits végétaux minimum et farcies d'un ragoût de quatre coquillages grâce à un panier imposé de 32 noix de Saint-Jacques, 60 moules, 18 huitres N°2 et 60 coques. Servies chaudes, elles seront accompagnées d'une unique sauce, tandis que leur accompagnement se composera d'un ou plusieurs légumes associés aux pousses de salade et herbes aromatiques.

En plat principal, sur plateau, le carré de veau sous la mère cinq côtes premières, apprêté de ses abats, dont la cuisson rôtie, en entier, est obligatoire pour pouvoir juger des talents de rôtisseurs du candidat. "Nous souhaitons encourager encore plus les techniques, l'innovation, le design, les goûts inédits, avec un sujet entièrement libre (légumes, abats...) au choix de chacun suivant sa personnalité. Le défi est captivant, transformer une pièce classique en un plat chef d'oeuvre, moderne, inscrit dans notre époque; surprenez-nous", a lancé Régis Marcon, le président du Comité international d'organisation, à l'annonce des thèmes de cette édition. "C'est le plus beau plateau jamais réalisé par l'équipe belge", a confié au magazine Ambiance culinaire Jo Nelissen qui accompagne les Belges aux Bocuse pour la quatrième fois.

Le concours culinaire international Bocuse d'Or, lancé en 1987 par Monsieur Paul, est un peu le championnat du monde de la cuisine. La finale mondiale se déroule tous les deux ans à Lyon, en France. Vingt-quatre pays y sont représentés. Pour y prendre part, les lauréats doivent remporter leur édition nationale et ensuite faire partie des 12 meilleures équipes du Bocuse d'Or Europe.

Au total, 67 pays répartis sur les cinq continents prennent part aux différentes compétitions nationales. Depuis la création du concours, la Belgique a remporté six statuettes (trois d'argent et trois de bronze) à la finale mondiale.