L'ogogoro ou "Eau de Sapele", du nom de la ville la plus proche, est un vin de palme, breuvage indispendable lors des fêtes de mariage ou cérémonies traditionnelles nigérianes. A l'aide d'une simple échelle, le producteur âgé de 50 ans grimpe sans matériel de sécurité des dizaines de mètres au dessus du sol, quasiment à la cime de l'arbre. Là, il entaille l'écorce du palmier pour y récupérer un précieux liquide blanc, transvasé jusque dans sa pirogue à l'aide d'un long tuyau. "Cela fait 30 ans que je fais ce travail, j'ai commencé dans l'Etat d'Ondo, puis l'Etat d'Edo, où j'ai passé 10 ans, avant de m'installer ici à Sapele il y a maintenant 15 ans", raconte M. Ovwiroro, qui a appris le métier de son père.

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. © Belga Images

"Tous les matins je commence vers 06H00, parfois je ne rentre pas chez moi, je dors dans la brousse, c'est un travail difficile", lâche-t-il. "Il arrive même de marcher sur des serpents. Je travaille tous les jours, les dimanche je ne vais pas à l'église". Une fois la sève récoltée auprès de 30 palmiers différents, l'exploitant peut enfin se diriger vers sa petite distillerie, une simple cabane en bois sur pilotis nichée dans la forêt marécageuse. Lui et son équipe, constituée de sa femme et de ses frères, filtrent le liquide, le chauffent dans un four artisanal, puis le font refroidir avant de remplir des bidons, qui sont enfin prêts à être vendus.

"Ici je produis de l'ogogoro authentique, quand tu le bois, tu sens qu'il est authentique. Je ne le mélange pas à de l'éthanol.

Le mien est très spécial", explique-t-il fièrement. Le producteur affirme que son alcool possède des vertus médicinales: "lorsque vous le buvez, vous n'attrapez pas d'infection. Cela soigne du paludisme et de la fièvre", assure-t-il, sans pouvoir cependant avancer de preuves.

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Chaque jour, il peut produire jusqu'à deux bidons de 25kg chacun, qu'il vend 15.000 naira (environ 30 euros) pièce.

Mais ce père de huit enfants espère que le gouvernement pourra aider les petits producteurs comme lui à se développer. Aujourd'hui "je ne veux pas que mes enfants prennent ma relève, le travail est trop éreintant", reconnait-il.

De plus, la popularité de l'Ogogoro, très apprécié des anciens, est aussi en train de s'effriter. Car chaque jour, la bière et les alcools étrangers inondent un peu plus le marché du pays le plus peuplé d'Afrique, fort de 200 millions d'habitants.

L'ogogoro ou "Eau de Sapele", du nom de la ville la plus proche, est un vin de palme, breuvage indispendable lors des fêtes de mariage ou cérémonies traditionnelles nigérianes. A l'aide d'une simple échelle, le producteur âgé de 50 ans grimpe sans matériel de sécurité des dizaines de mètres au dessus du sol, quasiment à la cime de l'arbre. Là, il entaille l'écorce du palmier pour y récupérer un précieux liquide blanc, transvasé jusque dans sa pirogue à l'aide d'un long tuyau. "Cela fait 30 ans que je fais ce travail, j'ai commencé dans l'Etat d'Ondo, puis l'Etat d'Edo, où j'ai passé 10 ans, avant de m'installer ici à Sapele il y a maintenant 15 ans", raconte M. Ovwiroro, qui a appris le métier de son père. "Tous les matins je commence vers 06H00, parfois je ne rentre pas chez moi, je dors dans la brousse, c'est un travail difficile", lâche-t-il. "Il arrive même de marcher sur des serpents. Je travaille tous les jours, les dimanche je ne vais pas à l'église". Une fois la sève récoltée auprès de 30 palmiers différents, l'exploitant peut enfin se diriger vers sa petite distillerie, une simple cabane en bois sur pilotis nichée dans la forêt marécageuse. Lui et son équipe, constituée de sa femme et de ses frères, filtrent le liquide, le chauffent dans un four artisanal, puis le font refroidir avant de remplir des bidons, qui sont enfin prêts à être vendus. "Ici je produis de l'ogogoro authentique, quand tu le bois, tu sens qu'il est authentique. Je ne le mélange pas à de l'éthanol. Le mien est très spécial", explique-t-il fièrement. Le producteur affirme que son alcool possède des vertus médicinales: "lorsque vous le buvez, vous n'attrapez pas d'infection. Cela soigne du paludisme et de la fièvre", assure-t-il, sans pouvoir cependant avancer de preuves.Chaque jour, il peut produire jusqu'à deux bidons de 25kg chacun, qu'il vend 15.000 naira (environ 30 euros) pièce. Mais ce père de huit enfants espère que le gouvernement pourra aider les petits producteurs comme lui à se développer. Aujourd'hui "je ne veux pas que mes enfants prennent ma relève, le travail est trop éreintant", reconnait-il. De plus, la popularité de l'Ogogoro, très apprécié des anciens, est aussi en train de s'effriter. Car chaque jour, la bière et les alcools étrangers inondent un peu plus le marché du pays le plus peuplé d'Afrique, fort de 200 millions d'habitants.