"Un phénomène d'une telle ampleur n'avait jamais été observé auparavant", assure dans un communiqué François Battault, président du syndicat.

Le verger français couvre une surface de 2.000 ha pour un potentiel de production de 7.000 tonnes, faisant de la France le troisième pays producteur d'Europe.

"La variété Noir de Bourgogne, cultivée uniquement en France et utilisée dans la fabrication de la Crème de Cassis de Dijon, a été particulièrement touchée" sur l'ensemble des régions de production, principalement dans le centre du pays comme la Bourgogne, le Val de Loire ou Rhône-Alpes, selon les grandes maisons Lejay-Lagoute, L'Héritier-Guyot, Edmond Briottet et Gabriel Boudier.

"C'est une situation extrêmement difficile pour les producteurs dont la rentabilité de la récolte est compromise et c'est aussi une situation inédite pour les transformateurs, dont nous sommes, puisque nous n'allons pas pouvoir répondre à toutes les demandes", ajoute M. Battault.

"C'est tout particulièrement le cas sur la production de la Crème de Cassis de Dijon, qui repose sur un choix minutieux des fruits utilisés", prévient-il.

Les températures ont dépassé fin juin pour la première fois les 45°C dans le sud de la France.

Les pertes se traduisent par "des baies de cassis cuites, desséchées et totalement perdues en chutant au sol avant récolte", selon le communiqué. Cette chute variable d'une parcelle à l'autre est "constatée partout", touchant "en moyenne 50% de la récolte et peut même atteindre 100%".

"Les dégâts vont même jusqu'à toucher la plante elle-même dans certaines situations (...) pouvant faire craindre des répercussions sur la prochaine récolte", préviennent les liquoristes.

Depuis plusieurs années, de mauvaises conditions climatiques lors de la floraison ont provoqué des déficits de production récurrents pour le cassis, rappellent-ils.