Éloge de la lenteur

Né en 1989 en Italie, le mouvement "slow food" s'est rapidement propagé sur la planète, en réaction à l'industrialisation croissante de notre alimentation et à son corollaire: le fast-food. Son leitmotiv? Une agriculture écologique à petite échelle et des produits axés "terroir". Aujourd'hui, le slow wine s'inscrit dans la même veine, prônant un retour aux cépages locaux, à une culture naturelle et à des techniques de production traditionnelles.
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Né en 1989 en Italie, le mouvement "slow food" s'est rapidement propagé sur la planète, en réaction à l'industrialisation croissante de notre alimentation et à son corollaire: le fast-food. Son leitmotiv? Une agriculture écologique à petite échelle et des produits axés "terroir". Aujourd'hui, le slow wine s'inscrit dans la même veine, prônant un retour aux cépages locaux, à une culture naturelle et à des techniques de production traditionnelles. La lenteur est inhérente à la viticulture: le temps et la patience sont les deux ingrédients indispensables pour faire un bon vin. Après plantation, il faudra ainsi trois ans aux vignes pour commencer à produire des raisins valables, dont la qualité augmente d'ailleurs, on le sait, avec l'âge des ceps. La maturation des raisins exige aussi de l'opiniâtreté: plus le processus est lent, plus leur goût sera riche, savoureux et intense. La suite? Une récolte manuelle, puis une fermentation et une maturation en fûts et en bouteilles qui, eux non plus, ne se font pas du jour au lendemain. Le mouvement slow wine se veut une réaction à l'accélération et à l'uniformisation du secteur. Il s'appuie donc sur des raisins locaux issus d'une culture naturelle, dont la transformation en vin repose sur un processus doux et lent, aidé par des techniques d'antan. Les papilles habituées au goût artificiel des flacons industriels auront sans doute besoin d'un peu adaptation pour se familiariser avec ces produits aux saveurs pures et naturelles, mais aussi plus sains et plus digestes.