Dans la commune populaire bruxelloise de Saint-Gilles, la "Brasserie de l'Union", une institution locale, a été prise d'assaut dès le matin. Une cinquantaine de personnes: des couples, des vieux potes, des personnes âgées, des travailleurs affairés derrière leur Mac... En attendant l'heure de la bière --11 heures-- c'est café-spéculoos pour tout le monde.

L'estaminet, qui possède une bière brassée spécialement à son nom, réalise 60% de son chiffre d'affaires grâce au précieux breuvage belge. A l'intérieur, tables en bois, chaises dépareillées, comptoir en fer blanc, déco de bric et de broc. Dehors, une vingtaine de tables sont étalées sur l'esplanade. Soigneusement espacées. Et désinfectées après chaque passage.

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On est presque prêt !!!!!!

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"J'avais un peu peur de l'ouverture. Je ne suis pas un "gastro", mais je travaille sur l'ambiance, la convivialité. J'avais peur qu'on perde ça. Résultat: on a été envahis", se réjouit le patron, Bart Lemmens, 58 ans. Voilà 25 ans qu'il possède l'établissement, géré en bon père de famille et qui n'a, dit-il, pas risqué la faillite à cause du confinement. Mais les effectifs ont été divisés par deux, de 13 à 6.

Sa crainte était surtout de "devoir jouer les flics" pour que les clients respectent les distance de sécurité et les fameux "gestes barrière". "Mais ils ont été cools", ajoute-t-il avec son accent flamand. "Avec des gens qu'ils connaissent ils font attention. Tout s'est bien passé." Tintement de vaisselle et éclats de rire dans les bruits de vapeur de la machine à café: "L'Union" reprend vie comme s'il avait fermé la veille. "Salut patron ! On a le droit de s'embrasser?" lance un client au maître des lieux. Une hésitation, un sourire, puis une bise, une seule, à la belge: "On vit dangereusement !"

Plexiglas

Autre lieu, autre ambiance dans le quartier européen, où les établissements accueillent surtout les expatriés des environs: fonctionnaires, journalistes, lobbyistes, qui composent la "bulle" bruxelloise. Les restaurants, qui vivent surtout à l'heure du déjeuner, respirent. Mais s'adaptent, à l'instar de la "Casa Italiana", resto familial, qui a équipé ses tables de panneaux en plexiglas léger pour isoler les clients.

Dans une zone commerçante du quartier, le patron du "Petit Paris" est lui affairé comme jamais. Pas le temps de parler: "Je suis seul à faire le service!" peste-t-il, en bras de chemise, derrière son masque. Jacques, 66 ans, l'observe, heureux de "revoir des gens". "Le social m'a manqué", dit cet homme venu de Hoeilaert, dans la banlieue flamande de Bruxelles.

Chez Léon de Bruxelles, à Bruxelles, le 8 juin 2020, Reuters
Chez Léon de Bruxelles, à Bruxelles, le 8 juin 2020 © Reuters

Tous les cafés, bars et restaurants avaient dû fermer le 13 mars à minuit. Et malgré le feu vert au redémarrage, tous ne rouvrent pas pour autant. Certains ont été pris de court par l'annonce du gouvernement mercredi dernier. D'autres ont déjà fait évoluer leur activité pour éviter la faillite. C'est le cas du "Voltaire", établissement d'Ixelles qui a licencié son personnel de salle et ne rouvrira pas à court terme: il devient une épicerie de luxe, confie l'une des employées remerciée.

Pour venir en aide au secteur, le gouvernement belge a annoncé vendredi une réduction de la TVA à 6% jusqu'à à la fin de l'année, à l'exception des boissons alcoolisées. Les employeurs sont également incités à octroyer à leurs employés un "chèque consommation" de 300 euros visant à relancer l'activité des secteurs les plus touchés. Dont la restauration.

Dans la commune populaire bruxelloise de Saint-Gilles, la "Brasserie de l'Union", une institution locale, a été prise d'assaut dès le matin. Une cinquantaine de personnes: des couples, des vieux potes, des personnes âgées, des travailleurs affairés derrière leur Mac... En attendant l'heure de la bière --11 heures-- c'est café-spéculoos pour tout le monde.L'estaminet, qui possède une bière brassée spécialement à son nom, réalise 60% de son chiffre d'affaires grâce au précieux breuvage belge. A l'intérieur, tables en bois, chaises dépareillées, comptoir en fer blanc, déco de bric et de broc. Dehors, une vingtaine de tables sont étalées sur l'esplanade. Soigneusement espacées. Et désinfectées après chaque passage."J'avais un peu peur de l'ouverture. Je ne suis pas un "gastro", mais je travaille sur l'ambiance, la convivialité. J'avais peur qu'on perde ça. Résultat: on a été envahis", se réjouit le patron, Bart Lemmens, 58 ans. Voilà 25 ans qu'il possède l'établissement, géré en bon père de famille et qui n'a, dit-il, pas risqué la faillite à cause du confinement. Mais les effectifs ont été divisés par deux, de 13 à 6.Sa crainte était surtout de "devoir jouer les flics" pour que les clients respectent les distance de sécurité et les fameux "gestes barrière". "Mais ils ont été cools", ajoute-t-il avec son accent flamand. "Avec des gens qu'ils connaissent ils font attention. Tout s'est bien passé." Tintement de vaisselle et éclats de rire dans les bruits de vapeur de la machine à café: "L'Union" reprend vie comme s'il avait fermé la veille. "Salut patron ! On a le droit de s'embrasser?" lance un client au maître des lieux. Une hésitation, un sourire, puis une bise, une seule, à la belge: "On vit dangereusement !"PlexiglasAutre lieu, autre ambiance dans le quartier européen, où les établissements accueillent surtout les expatriés des environs: fonctionnaires, journalistes, lobbyistes, qui composent la "bulle" bruxelloise. Les restaurants, qui vivent surtout à l'heure du déjeuner, respirent. Mais s'adaptent, à l'instar de la "Casa Italiana", resto familial, qui a équipé ses tables de panneaux en plexiglas léger pour isoler les clients. Dans une zone commerçante du quartier, le patron du "Petit Paris" est lui affairé comme jamais. Pas le temps de parler: "Je suis seul à faire le service!" peste-t-il, en bras de chemise, derrière son masque. Jacques, 66 ans, l'observe, heureux de "revoir des gens". "Le social m'a manqué", dit cet homme venu de Hoeilaert, dans la banlieue flamande de Bruxelles.Tous les cafés, bars et restaurants avaient dû fermer le 13 mars à minuit. Et malgré le feu vert au redémarrage, tous ne rouvrent pas pour autant. Certains ont été pris de court par l'annonce du gouvernement mercredi dernier. D'autres ont déjà fait évoluer leur activité pour éviter la faillite. C'est le cas du "Voltaire", établissement d'Ixelles qui a licencié son personnel de salle et ne rouvrira pas à court terme: il devient une épicerie de luxe, confie l'une des employées remerciée.Pour venir en aide au secteur, le gouvernement belge a annoncé vendredi une réduction de la TVA à 6% jusqu'à à la fin de l'année, à l'exception des boissons alcoolisées. Les employeurs sont également incités à octroyer à leurs employés un "chèque consommation" de 300 euros visant à relancer l'activité des secteurs les plus touchés. Dont la restauration.