"Un pays enfermé finit par mourir de faim", lance cet entrepreneur de 50 ans qui espère tirer profit de la réouverture des établissements, dont la date n'a pas été fixée dans le troisième pays le plus endeuillé du monde, soumis à un confinement très strict depuis mi-mars.

"Nous nous habituons à tout dans la vie. Nous devrons changer notre façon de sortir" dîner ou boire un verre, ajoute ce spécialiste de la rénovation de bars et de restaurants en présentant à l'AFP son projet pilote dans une boulangerie disposant de huit tables pour les clients et appartenant à son frère à Leganes, dans la banlieue de Madrid.

Ses parois transparentes permettent d'isoler par exemple une table de quatre personnes ou d'autres plus petites et démontables de séparer des clients assis à la même table.

"N'importe quel restaurant ou bar qui a huit ou 10 tables peut dépenser 700 ou 800 euros pour rénover son restaurant et rouvrir. Personne dans ce pays ne pourra supporter d'avoir un commerce fermé pendant six, sept mois voire un an"

Dans l'attente des conditions fixées par le gouvernement, il n'a pas encore lancé la fabrication de ses parois mais assure que son usine pourra fournir des clients dans l'ensemble du pays en "moins d'une semaine".

L'organisation patronale représentant le secteur de l'hôtellerie a rejeté jusqu'ici l'installation de telles parois car le gouvernement n'a donné aucune instruction en ce sens et car elle considère que les entreprises ne pourraient pas en assumer le coût.

., Belga Images
. © Belga Images

Caméras thermiques

Elle prône en revanche la limitation de la fréquentation des établissements avec une distance minimale entre les tables et la fourniture de gel hydro-alcoolique à l'entrée ainsi que le contrôle de la température des clients.

Un autre filon pour Pedro Zamorano, gérant de la société Cámaras Covid qui participe au projet pilote de Manuel Gil.

Ce chef d'entreprise explique à l'AFP avoir commencé à importer de Chine il "y a moins d'un mois" des caméras thermiques dont il a commandé 12.500 unités d'un prix allant de 1.150 à plus de 20.000 euros. Très sensible, une telle caméra détecte une personne fiévreuse mais sonne également à l'approche d'une boisson chaude. Et problème, elle est par définition incapable de détecter une personne porteuse du virus asymptomatique.

., Getty Images
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Mais peu importe, Sheila Giraldo, employée de la boulangerie dit se sentir "mieux protégée" par la présence de la caméra et considère les parois comme un moindre mal "tant que les gens viennent et se débarrassent de la peur" de sortir de chez eux.

En Espagne, l'hôtellerie-restauration représente plus de 300.000 établissements et 1,7 million d'emplois. Le secteur, qui pèse 6,2% du PIB, selon l'organisation patronale, craint la suppression de 270.000 emplois et la fermeture de 15% des établissements si la réouverture a lieu à la fin du premier semestre.

"Un pays enfermé finit par mourir de faim", lance cet entrepreneur de 50 ans qui espère tirer profit de la réouverture des établissements, dont la date n'a pas été fixée dans le troisième pays le plus endeuillé du monde, soumis à un confinement très strict depuis mi-mars."Nous nous habituons à tout dans la vie. Nous devrons changer notre façon de sortir" dîner ou boire un verre, ajoute ce spécialiste de la rénovation de bars et de restaurants en présentant à l'AFP son projet pilote dans une boulangerie disposant de huit tables pour les clients et appartenant à son frère à Leganes, dans la banlieue de Madrid.Ses parois transparentes permettent d'isoler par exemple une table de quatre personnes ou d'autres plus petites et démontables de séparer des clients assis à la même table.Dans l'attente des conditions fixées par le gouvernement, il n'a pas encore lancé la fabrication de ses parois mais assure que son usine pourra fournir des clients dans l'ensemble du pays en "moins d'une semaine".L'organisation patronale représentant le secteur de l'hôtellerie a rejeté jusqu'ici l'installation de telles parois car le gouvernement n'a donné aucune instruction en ce sens et car elle considère que les entreprises ne pourraient pas en assumer le coût.Caméras thermiquesElle prône en revanche la limitation de la fréquentation des établissements avec une distance minimale entre les tables et la fourniture de gel hydro-alcoolique à l'entrée ainsi que le contrôle de la température des clients.Un autre filon pour Pedro Zamorano, gérant de la société Cámaras Covid qui participe au projet pilote de Manuel Gil.Ce chef d'entreprise explique à l'AFP avoir commencé à importer de Chine il "y a moins d'un mois" des caméras thermiques dont il a commandé 12.500 unités d'un prix allant de 1.150 à plus de 20.000 euros. Très sensible, une telle caméra détecte une personne fiévreuse mais sonne également à l'approche d'une boisson chaude. Et problème, elle est par définition incapable de détecter une personne porteuse du virus asymptomatique.Mais peu importe, Sheila Giraldo, employée de la boulangerie dit se sentir "mieux protégée" par la présence de la caméra et considère les parois comme un moindre mal "tant que les gens viennent et se débarrassent de la peur" de sortir de chez eux.En Espagne, l'hôtellerie-restauration représente plus de 300.000 établissements et 1,7 million d'emplois. Le secteur, qui pèse 6,2% du PIB, selon l'organisation patronale, craint la suppression de 270.000 emplois et la fermeture de 15% des établissements si la réouverture a lieu à la fin du premier semestre.